Démondialiser et coopérer

Blog d'Aurélien BERNIER

posté le mardi 14 octobre 2014

Tourner la page du Front de gauche

 

 
En janvier 2014, dans un livre intitulé La gauche radicale et ses tabous, j’avançais une explication à l’échec électoral du Front de gauche et à la montée, simultanée, du Front national. Cette explication est double : un problème stratégique, d’une part – celui du lien qui perdure entre le PCF et le Parti socialiste – et un problème programmatique – celui du manque de clarté sur les questions du libre échange, de l’Union européenne et de la souveraineté.

 

 

Les élections du printemps 2014 ont malheureusement confirmé cette analyse. Contrairement à ce que j’espérais, le Front de gauche n’a ni coupé les ponts avec les socialistes au pouvoir, ni porté le seul message qui soit audible par les classes populaires : pour pouvoir gouverner à gauche, il faut sortir du libre échange et de l’ordre juridique et monétaire européen. Comme si ce n’était pas suffisant, nous avons assisté, par médias interposés, aux batailles rangées entre partisans de Jean-Luc Mélenchon et soutiens de Pierre Laurent, aux flots d’insultes sur les réseaux sociaux ou aux règlements de comptes dans les assemblées des collectivités locales. Tout cela ne peut plus durer.

 

À la fin de l’été, Jean-Luc Mélenchon annonçait le lancement d’une nouveau mouvement pour la Sixième République, autour d’un appel à signatures. Cette démarche a deux intérêts. Le premier est de dépasser la cadre du Front de gauche pour s’adresser directement au peuple, et de tenter ainsi de s’extraire des batailles d’appareils. Le second est de chercher à redresser l’image déplorable qu’ont les partis politiques dans l’opinion, en proposant des ruptures institutionnelles. Pourtant, en l’état, cette initiative me semble être une impasse. En restant « un pied dedans, un pied dehors », Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche refusent de tourner la page du Front de gauche. Ils sont prisonniers de cette règle stupide en vigueur dans la sphère partisane (tout particulièrement à gauche), qui consiste à ne jamais vouloir endosser la rupture d’une alliance. Le Parti de gauche est toujours officiellement lié au PCF, lui-même lié au Parti socialiste. Jean-Luc Mélenchon peut s’épuiser à traiter François Hollande et Manuel Valls de tous les noms, il reste lié, par communistes interposés, à la majorité en place. Le problème stratégique n’est donc toujours pas réglé.

 

À cette première épine dans le pied de Jean-Luc Mélenchon s’en ajoute une deuxième : sa nouvelle démarche n’a pas réglé non plus le problème programmatique. La première préoccupation du peuple que l’on souhaite fédérer est, de très loin, celle de la crise économique. La question institutionnelle est certes importante, mais elle ne répond pas directement à la violence qui s’abat chaque jour un peu plus sur les classes populaires. Je suis personnellement favorable à une Sixième République et sans doute en phase avec la vision que Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche peuvent en avoir. Mais on ne peut substituer la question institutionnelle à l’urgence sociale. Il faut donc porter, en même temps que l’idée de Sixième République, un programme clair de rupture avec le capitalisme qui en finisse avec les trois tabous de la gauche radicale : le libre échange, l’Union européenne et la souveraineté.

 

Jean-Luc Mélenchon et le Parti de gauche pourraient choisir un tout autre scénario : tourner la page du Front de gauche. Cette alliance était une belle idée, qu’il fallait tenter de mener le plus loin possible. Mais il est évident qu’elle n’a pas abouti aux résultats espérés : permettre au PCF de se désintoxiquer de sa dépendance au Parti socialiste, porter un programme crédible et battre les sociaux-libéraux et le Front national dans les urnes. Il faut cesser les affrontements internes entre organisations, les pseudo-réconciliations qui ne débouchent que sur de nouveaux affrontements. Le PCF a choisi une stratégie, celle du maintien des élus dans les collectivités locales, qui suppose des alliances avec le Parti socialiste. Le Parti de gauche a choisi de couper tous les ponts avec la majorité. Ces deux stratégies sont inconciliables, et le Front de gauche n’est donc plus crédible. Dans deux, cinq ou dix ans, les choses seront différentes. Le PCF sera peut-être décidé à sacrifier ses positions locales pour regagner une crédibilité nationale. Peut-être alors, un nouveau rassemblement sera possible. En attendant, mieux vaut suivre des chemins différents que de poursuivre ce lent suicide politique en direct.

 

Sur les questions programmatiques, la séparation entre le PCF et le Parti de gauche permettrait à ce dernier de construire ce qu’il n’a, pour la grande majorité des électeurs, jamais eu : un programme. Le Parti de gauche s’est constitué dans le but de créer le Front de gauche. Dès le départ, il est entré dans des négociations programmatiques avec le Parti communiste. Dans les élections nationales, il n’a jamais porté que des programmes « partagés » : L’humain d’abord en 2012 et celui des élections européennes de 2014. Un travail programmatique existe bien, mais personne, en dehors des militants, ne le connaît réellement. Et ceux qui le connaissent savent qu’il est loin d’être abouti. Dans ces conditions, appeler à s’organiser autour de la seule idée de Sixième République serait une erreur.

 

Pour répondre à la demande sociale des classes populaires et aux enjeux géopolitiques actuels, un programme de gauche radicale doit reposer sur trois piliers. Le premier est celui de la démondialisation. Ce terme a l’intérêt de condenser les mesures de rupture économique que la gauche radicale devra mettre en œuvre dès son arrivée au pouvoir : le protectionnisme pour relocaliser la production et taxer les capitaux, la sortie de l’ordre juridique et monétaire européen, l’affrontement avec la finance internationale. Le deuxième pilier est celui de l’internationalisme : il faut sortir de la concurrence internationale et lancer des stratégies de coopération à contre-courant des doctrines ultralibérales et libre-échangistes. Il faut faire voler en éclat l’idée, martelée depuis des décennies, que sans développement du commerce international et des investissements spéculatifs, il n’y a pas de relations possibles entre États. Au contraire, il y a des dizaines de façons de coopérer et d’entretenir des relations pacifiques : dans l’échange culturel, dans la recherche, dans l’éducation, dans la santé, dans la protection de l’environnement... Enfin, le troisième pilier est celui de la décroissance ou, pour ceux à qui le mot déplaît, de l’anti-productivisme. Il faut être clair : nous n’aurons plus jamais le taux de croissance des Trente Glorieuses, et c’est une très bonne chose. Cela nous oblige à construire un programme de gauche dans un cadre où le Produit intérieur brut, tel qu’il est calculé aujourd’hui, est amené à baisser. Cela nous oblige à développer le secteur non-marchand, mais aussi à taxer fortement les richesses pour redistribuer, tout en relocalisant la production. Ce n’est pas le manque de croissance qui génère le chômage et la crise, c’est le libre échange et l’austérité des politiques publiques. En assumant l’objectif de sortir du capitalisme et le moyen d’y parvenir qu’est la démondialisation, la gauche radicale n’a plus besoin de croissance pour assurer le plein emploi et transformer la situation des classes populaires.

 

Si la gauche radicale n’ose pas assumer ces positions (ce que Jean-Luc Mélenchon pourrait faire avec talent), d’autres en tireront les bénéfices aux prochaines élections nationales de 2017. Marine Le Pen, bien-sûr, qui joue très habilement du rejet de la mondialisation par les classes populaires tout en défendant un projet économique illusoire et inacceptable : celui du redressement du capitalisme français dans une concurrence internationale inchangée. Mais aussi le socialiste dissident Arnaud Montebourg, dont il ne faut pas sous-estimer les forces. Partisan d’une certaine forme de démondialisation, productiviste acharné, Arnaud Montebourg joue finalement sur le même terrain que Marine Le Pen, celui de l’imposture d’une nouvelle croissance, d’une relance de la compétitivité française, d’un capitalisme bleu-blanc-rouge, certes régulé, mais conquérant. Il est le pendant de gauche de la Présidente du Front national, respectable et rassurant pour les grandes entreprises françaises, et les médias se réjouissent à l’avance d’un match qui devrait faire grimper en flèche leur audimat et leur lectorat. Dans un tel scénario, un Front de gauche version 2012 ou un mouvement pour la Sixième République aux contours flous seraient totalement marginalisés.

 

Aurélien Bernier
 


Commentaires

 

1. HM  le 22-10-2014 à 20:03:32

Les résultats des élections européennes du 25 mai dernier ont confirmé que la gauche radicale est inaudible auprès des catégories de population qui souffrent de l'austérité : les ouvriers, les employés et les jeunes auprès desquelles le FN a réalisé ses meilleurs scores.

La Gauche radicale n'a que 2 alternatives : soit elle engage son aggiornamento sinon elle se condamne à végéter politiquement.
Sans surprise elle a choisit de refuser de se remettre en cause car pour beaucoup de ses responsables de culture trotskiste et écolo-libertaire, les états-nations symbolisent le mal absolu, sont synonymes de nationalisme, d'affrontement entre les peuples, comme si l'UE ne les mettait pas en concurrence ? Pour eux, toute initiative ne vaut que si elle est supranationale.

Allez expliquer à l'ouvrier qui a vu son usine partir en Roumanie que l’ouverture des frontières, c’est chouette !
Allez expliquer à l'arboriculteur du Midi qui galère à cause de l’importation des pêches espagnoles récoltées par des immigrés payés une misère que l'Europe c’est chouette !

Quand des personnes de la Gauche radicale martèlent que la suppression des états-nations et des frontières c'est chouette, d’autres personnes sont d’accord avec cela : les grands patrons des multinationales. En réalité, ce n'est jamais en détruisant les états-nations, socle du fonctionnement de la démocratie, qu'on peut accéder aux valeurs universelles. C'est seulement en abattant les murs qui séparent et opposent les cultures.

Suite à son revers électoral du 25 mai dernier, alors que la Gauche radicale devrait être la grande pourfendeuse de la monnaie unique, outil de destruction sociale, elle a choisit de se focaliser sur la VI République. Deux questions fondamentales à ce propos :
1) En quoi la VI République changera t-elle les choses si c'est pour rester dépendant de l'UE et de l'Euro, outil de destruction sociale ?
2) L’Assemblée Constituante qui sera chargée de rédiger la Constitution de la VI République sera t-elle tirée au sort ou bien composée de professionnels de la politique ? Car ça change tout : des professionnels de la politique seront directement en conflit d'intérêt vis-à-vis des textes destinés à être appliqués à eux-mêmes. Par exemple ils n'accepteront jamais le principe du référendum révocatoire qui entravera leur carrière politique.

Selon la configuration politique actuelle, l'élection à la proportionnelle de l'Assemblée Constituante dégagerait une majorité FN – UMP. Une telle proposition de la Gauche radicale équivaut à se tirer une balle dans le pied.

Quand les responsables de la Gauche radicale cesseront d'assimiler le mot souveraineté à l’extrême droite et comprendront qu'amputer les peuples de leur souveraineté monétaire et budgétaire équivaut à mettre la démocratie entre parenthèses, alors ils retrouveront de la crédibilité. Sinon les populations qui souffrent de l'austérité continueront à se réfugier dans l'abstention ou le vote FN parce-que celui-ci est le seul parti, avec les gaullistes de DLR et les chevènementistes, à leur dire le mal que leur fait cette Europe-là et à afficher une volonté de rupture ?

Lorsque la Gauche radicale acceptera d'engager le débat sur l'UE et l'Euro, elle ne fera que se réapproprier un espace qu'elle n'aurait jamais dû laisser vacant et dans lequel le FN s'est niché sans avoir eu à se battre.

Le dernier livre : Europe, les Etats désunis de Coralie Delaume, se termine par cette phrase : "Comme toujours, le FN s'emparera de ce qu'on lui aura abandonné sans lutter et se nichera dans les espaces que les autres lui auront laissés vides. Reste à savoir ce qu'on est prêt à lui livrer. Car les renoncements d'aujourd'hui devront demain être assumés."

H M

 
 
 
posté le mardi 03 juin 2014

La gauche radicale en panne sur « l’Europe »

 

 

Article paru sur le site http://lesinenarrables.net/ - On ne nous aura rien épargné ! D'un côté, « L'abstention, premier parti de France » et les calculs alambiqués pour rétrécir le résultat de Marine Le Pen. De l'autre, « La France devient facho », et les inévitables « séismes », « chocs » ou « tremblements de terre » choisis pour qualifier les élections européennes du 25 mai 2014. Plutôt que de minimiser ou de dramatiser le score du Front national, essayons de regarder la réalité en face.


Tout d'abord, la victoire du Front national était annoncée depuis plusieurs semaines par quasiment tous les instituts de sondage. Il ne s'agit donc, à priori, d'une surprise pour personne. Le résultat qu'il obtient est simplement un à deux points au dessus des enquêtes, ce qui confirme que certains électeurs (de moins en moins) craignent encore d'afficher leur intention de vote pour l'extrême-droite.


Ensuite, le Front national réalise, et de très loin, son meilleur score à une élection européenne depuis sa création, sur fond d'abstention en léger recul. Ceci marque un changement majeur : jusqu'en 2009, les anti-Union européenne s'abstenaient massivement ; depuis ce scrutin, certains reviennent aux urnes pour exprimer leur rejet de « Bruxelles ». En se posant en gardiens du Non de 2005 au Traité constitutionnel, en cherchant à faire de cette élection une sorte de référendum anti-Union européenne, Marine Le Pen et Florient Philippot ont visé juste.


Est-ce du « fascisme » ou de la xénophobie de la part des électeurs ? Certes, une enquête d'opinion IPSOS portant sur les enjeux du scrutin fait apparaître, pour les électeurs du Front national, l'immigration en tête de liste des motivations1. Mais il serait très réducteur de s'arrêter à cela. Dans cette enquête sur les déterminants du vote du 25 mai, notés selon leur importance, les thèmes de prédilection de l'extrême droite (l'immigration, la sécurité, le terrorisme) totalisent 83 points. Les questions économiques (le pouvoir d'achat, la crise dans la zone euro, le chômage, la dette publique, les retraites, l'agriculture) en totalisent 101. Il faut ajouter que, pour la plupart des citoyens, l'immigration est considérée comme un problème d'abord à cause de la crise économique. La xénophobie connut une percée dans les années 1930, mais elle reflua pendant les Trente glorieuses avant de resurgir dans les années 1980. Elle est une question économique avant d'être une question idéologique. En fait, depuis Maastricht, et encore bien plus depuis l'arrivée de Marine Le Pen à la présidence du parti, le Front national progresse avant tout sur le rejet de l'ordre économique européen et mondial.


La réalité est que le Front national a été quasiment le seul (à l'exception de Debout la République ou d'une petite formation comme l'Union populaire républicaine) à faire campagne pour le retour à la souveraineté nationale, qui est une demande aujourd'hui majoritaire dans la population, et qui progresse chaque jour. La gauche, même radicale, ne lui a opposé sur ce point aucune vraie alternative. Le Front de gauche a certes évolué, proposant de « rompre » avec les politiques de Bruxelles, mais reste opposé à toute sortie unilatérale de l'euro et de l'ordre juridique européen. C'est encore trop pour le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, qui, à quelques jours du scrutin, déclarait en Une du quotidien Le Monde : « La gauche radicale ne doit pas basculer dans le souverainisme ». C'est trop également pour Europe écologie – Les Verts, dont la porte-parole s'est une fois de plus ridiculisée face à Florient Philippot en affirmant que l'Union européenne a permis des « avancées sociales » et qu'elle souhaitait la dissolution des États-nation. C'est évidemment trop pour le Parti socialiste, dont l'Union européenne est, depuis le milieu des années 1980, l'horizon indépassable, pour peu qu'on ajoute quelques incantations sur « l'Europe sociale ».


Sur le plan intellectuel, c'est donc un capharnaüm qui règne « à gauche » : un Parti socialiste totalement acquis à l'Union européenne, qui ne mène plus de politique de gauche depuis longtemps mais qui continue à concourir sous cette étiquette, brouillant ainsi le champ électoral ; des écologistes et des trotskistes du NPA ou de Lutte ouvrière haïssant l’État et la nation et affirmant que Bruxelles n'est pas un vrai problème ; un Front de gauche, enfin, qui reste au milieu du gué, entre rupture et réforme « de l'intérieur » de l'Union européenne. Et cette question dérangeante : au final, quelle différence y a-t-il, pour l'électeur non militant, entre les promesses « d'Europe sociale » du Parti socialiste et cette promesse de « réforme de l'intérieur », même radicale, du Front de gauche ou du NPA ? Le scrutin du 25 mai donne la réponse : quasiment aucune. On n'y croit plus, ni dans sa version « rose » (convaincre Angela Merkell), ni dans sa version « rouge » (faire plier Angela Merkell).


Il faut donc être clair sur deux points : premièrement, la gauche radicale n'a plus rien à faire avec le Parti socialiste, qui a définitivement choisi « l'Europe » contre le socialisme ; deuxièmement, toute politique de gauche nécessite la sortie unilatérale de l'ordre juridique et monétaire européen. Tant que ce ne sera pas clairement dit, la gauche radicale ne convaincra que ses propres sympathisants. On comprend que le passage du slogan « une autre Europe est possible » à un discours de restauration de la souveraineté nationale soit difficile à digérer pour certains. Mais la pire des choses serait de ne pas en débattre. Après ce scrutin du 25 mai 2014, il faut organiser d'urgence des assises de la gauche radicale sur les questions européennes.

 

1http://www.ipsos.fr/ipsos-public-affairs/actualites/2014-05-25-europeennes-2014-comprendre-vote-francais

 


Commentaires

 

1. ISKRA  le 03-06-2014 à 11:29:43

Vous avez totalement raison. Pour ma part, je suis de plus en plus certain que nos "élites" se font finalement assez peu d'illusions sur l'avenir de l'Europe. Mais il faudrait détricoter ce monstre bureaucratique, ce qui serait un travail de titan, prendre le risque d'effets induits pas toujours prévisibles, et au final s'exposer personnellement. Pourquoi le feraient-elles quand le but est juste de durer le plus possible, et que pour ça, la bonne vieille recette: pas de vagues, est de loin la meilleure ?
Militant du PG, je suis de plus en plus gêné par cette ambivalence à l'égard de l'Europe, et des partis européistes comme le PS et EELV. Voilà pourquoi, en effet, nombre de gens de gauche sont restés à la maison au lieu d'aller voter.

2. H Marteau  le 04-06-2014 à 17:03:20

Le lien suivant est révélateur de la paresse intellectuelle de nombreux responsables de la Gauche radicale : http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-khalfa/030614/front-de-gauche-contre-le-simplisme-et-les-contreverites

En refusant d'ouvrir le débat sur l'Euro et l'UE sous prétexte de ne pas dire la même chose que le FN, l'abstention et l'extrême droite atteindrons toujours des sommets.
Ils ne se rendent pas compte que le Front de Gauche est inaudible vis-à-vis des populations qui souffrent de l'austérité.
Soit le Front de Gauche engage son aggiornamento ou soit il végétera politiquement.
La politique a horreur du vide. Les responsables de la Gauche radicale devraient comprendre que les citoyens qui par frustration se réfugient dans l'abstention ou le vote FN pourraient mettre leur espoir ailleurs, vers ceux qui leur proposent des solutions les plus détestables.

3. h-toutcourt  le 05-06-2014 à 20:12:08

C'est le meilleur commentaire que j'ai pu lire sur ces résultats d'élection :
Quel gâchis pour la gauche radicale qui en est encore à soutenir des positions internationalistes trotskystes là où tout internationalisme, aujourd'hui, s'exerce invariablement au bénéfice de la finance et des multinationales... Il faut savoir défendre l'universalisme là où il s'applique, et non à contre-emploi !
Et quel paradoxe de voir aujourd'hui les meilleurs pourfendeurs de l'euro-libéralisme et de l'austérité allemande venir de la droite nationaliste, alors que les résistants de jadis à "l'Europe nouvelle" des nazis n'ont plus aujourd'hui de vrai relais à gauche pour continuer le combat contre l'euro-mark et le dogme conservateur austro-allemand qui se sont emparés de l'Europe actuelle !

Après le débat télévisé "Des paroles et des actes", à trois jours du scrutin, on pouvait reproduire presque mot pour mot le jugement qu'avait proféré Jacques Nikonoff en 2011 sur le premier débat de la longue campagne présidentielle de 2012, dans ce qui reste un livre pionnier sur le sujet
(Cf "Sortons de l'euro !", Jacques Nikonoff, Editions de minuit, 2011). De mémoire :
"Face à Marine Le Pen qui ne cessait de marquer des points, Jean Luc Mélenchon tenait un discours confus, où son attitude vis à vis de l'euro tenait davantage de la défense illusoire qu'en faisaient les socialistes "... dont il est issu !

4. Pseudopasréserosefmerde  le 12-06-2014 à 01:00:36

Le problème c'est qu'on a rien de concret permettant d'affirmer ce que vous affirmez. (hormis le référendum de 2005, mais il me faut plus)
Que les gens en majorité ou en grosse partie sont clairement pour sortir de l'UE.

A fortiori ceux qui d'habitude votaient PS et n'ont pas voter cette fois ci ne sont pas pour une sortie de l'UE ou alors plus rien ne va.

Quand aux abstentionnistes, ca date pas d'hier et par définition on ne sait pas ce que pense un abstentionniste...

Quand on voit la non campagne, limite la censure et la propagande médiatique d'un autre coté pour le FN, j'ai du mal a prendre le résultat de cette election en soit comme significatif de quoi que ce soit.

A part de la tendance logique et qu'on a vu aux précédentes, a savoir une radicalisation de la droite qui se déplace vers le FN et de l’effondrement du PS (et ses alliés) qui mène une politique de droite...

Alors maintenant, il n'y a pas besoin de beaucoup d'imagination pour se dire que les gens en ont marre de l'UE qui est une source supplémentaire de nos problèmes qui ont des répercutions au quotidien.
Mais bon, si les gens sont pas mur ou autre pour entendre le message du FdG (surtout du PG) je doute qu'ils le soient pour entendre un tout autre message tout court.

Perso je trouve la stratégie du PG du rapport de force en europe que l'ont peut qualifier de "ca passe ou ca casse" bonne.
On fait pression selon nos intérêts sur l'Allemagne (BCE, désobéissance etc) et dans le cas ou ca passe pas, c'est l'Allemagne qui en prend la responsabilité en quittant elle l'union.(et y mettant fin probablement)
Mais au moins on pourrait nous en sortir peut etre avec une meilleurs position.

Mais je comprend très bien que ce soit pas forcément clair pour tout le monde,d 'autant plus du traitement médiatique envers le PG par rapport au FN...

Alors soit, allons y franchement.
La technique Lordon me convient tout a fait et me plaît beaucoup qui plus est.

Il y a donc ca a régler au FdG effectivement.

Et peut etre pire, la stratégie de vouloir tendre la main, faire des alliances avec EELV et la gauche du PS.
C'est exactement ce qui a valu le merdier dans lequel on est depuis les municipales. (au PG ils le savent bien, et ailleurs aussi normalement, faudrait etre très con autrement)
Donc de ce coté là, ca va etre très chaud a jouer.
Parce que dans les faits, on peut faire des choses en communs, comme grenoble le symbolise par exemple, mais je crains que ce soit vraiment là pour le coup encore plus subtile que la stratégie sur l'UE et inacceptable des milieux populaires (dont je suis) et qui ne donnent plus beaucoup de crédit et ne supportent plus la tambouille politicienne réel ou supposé.

Et parce que au PS et chez EELV restent et resteront jusqu'au bout du bout de toute facon les classes moyennes hautes qui trouveront toujours trop radical et risqué ce qui est a plus gauche.

Et visiblement au FdG ca veut quand même faire ca, parce que sinon on va se retrouver comme le NPA...
Mmmh, un peu facile et simpliste comme argument je trouve.(il y a tellement de choses qui font et ont fait que le NPA en est là ou il est...)

Ces deux réactions sont très justes cependant:

http://www.eric-coquerel.fr/node/213

http://www.lespetitspoissontrouges.org/index.php?post/2014/06/09/Amenite-et-radicalite-pour-une-gauche-reinventee-

5. Serge Olivier  le 13-06-2014 à 17:18:39

@Pseudopasréserosefmerde

Non, Coquerel s'exonère beaucoup trop de ses responsabilités. Il porte parmi d'autres l'échec d'un PG "parti-creuset". Car il prit une bonne place dans le verrouillage, attestée par de multiples témoignages !

Il dévoile quelques éléments de discussion avec le PCF, que ne l'a-t-il dit avant !

Il a participé à la dénaturation du FdG en participant au fameux cartel qu'il dénonce aujourd'hui.

Il est responsable de propos hasardeux, fixant comme objectif de passer devant le PS aux Municipales d'abord, puis aux Européennes. Mais par un tourné-boulé, le voilà qui estime qu'il gagné une partie de son analyse, puisque le PS a bien décroché ! Quelle finesse.

6. h-toutcourt  le 28-06-2014 à 19:44:37



Des forces (intellectuelles), disais-je en abordant ce sujet délicat sur le blog d'Alexis Corbière, vous allez en avoir besoin, car voici qu'on aborde enfin, il le fallait bien, l'étape décisive, celle des cols alpestres pour sportifs ou, moins prosaïquement, le sujet d'explication ultime, le Saint-Graal du croyant, le Valhalla du guerrier.
La moindre erreur, le moindre faux pas, et c'est la chute, l'abime dont on ne revient pas. Car, il faut le savoir, quand la dynamique de groupe s'en mêle (ou s'emmêle), il y a bien pire que le goulag stalinien, dont parfois on revient...
Ce dont je parle, c'est le châtiement du goulag bobo, celui dont on ne saurait se relever, l'ostracisme à jamais, l'enfer pour l'éternité ! C'est aussi bien normal, car la peine encourue doit y être à la hauteur de l'enjeu:

J'ai nommé la question immigrationniste...(Stooop! Ça y est, c'est foutu, j'ai déjà les censeurs sur le dos: "Vous avez tous noté: il a dit immigrationniste, et non immigrée!).
Et pourtant, comme aux examens de ma jeunesse, je le savais: on ne doit jamais dire "immigrationniste", qui est un crime de lèse-bobo, car cela supposerait simplement l'aspiration à la chose et non sa réalisation immédiate, voire le fait accompli (ça, c'est le sans-papier qui, lui, est noté 20/20!).
Oui, c'est ma faute, ma très grande faute: j'enchaînais sur mes propos antécédents de l'étape de plat, il y a peu, ceux où j'évoquais "l'appel immigrationniste" prononcé par JLM au Prado, porté alors par sa fibre d'ancien pied noir marocain:
"Il faut répéter qu'il n'y a pas d'avenir pour la France sans les arabes et les berbères du Maghreb" !
Du temps de nos départements (encore) français d'Algérie, ces propos auraient valu à leur auteur l'accusation de "colonialiste", ce que l'on comprend aisément, mais par les bobos de même obédience et pour des raisons exactement inverses, comme quoi le désir irrépressible du "vivre ensemble" est à géométrie variable:

Alors que la croissance des Trente Glorieuses offrait de la place à tous, il n'y eut rien de plus pressé que de se séparer de nos "frères méditerranéens". Pour le bobo d'alors (si, si, ça ne portait pas ce nom, mais ça existait déjà!), l'avec-papiers de l'époque était même très mal vu sur notre territoire: que faisait-il chez nous, au lieu d'aller combattre avec les "siens" (non, non, c'est pas par manque "d'universalisme", c'est par "le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", nuance). Tiens, on croyait que "le peuple" transcendait les frontières !
De Gaulle ne se l'est pas fait redire deux fois, car la formule a fait fortune dans sa bouche, et pas seulement pour l'Algérie :
Entre temps, en effet, un groupe d'économistes dont le nom est longtemps resté à couvert pour la postérité (je n'ai dû d'en avoir connaissance qu'à des lectures de bibliothèque, en Afrique noire) étaient parvenus à la conclusion que l'intégration totale des départements et territoires d'outre-mer ne serait pas possible en raison:
- des droits sociaux acquis par les métropolitains à la Libération.
- du différentiel économique et démographique rendant, au total, désavantageux l'extension universelle de ces droits à tout les territoires d'alors.
D'où la même raison du revirement gaulliste, d'abord en 58, puis sur l'Algérie un peu plus tard, malgré la déroute du FLN ayant perdu la "bataille d'Alger" et en dépit du pétrole saharien.
Ce fut donc un discours de duplicité de part et d'autre:
De Gaulle invoquant le droit des peuples à l'indépendance, là où il songeait: plutôt la métropole en bonne santé que l'Empire mal fichu !
Les progressistes d'alors invoquant la même indépendance, mais en songeant:
PlutôtLe Kremlin à Alger que De Gaulle !

C'était donc ma faute, on l'a dit, que de ne pas savoir m'adapter au nouveau logiciel de l'étape de montagnes... russes bien entendu.
Tout étourdis à l'évocation de tous ces rappels, les commissaires de course de l'étape se montrent magnanimes: Pour cette fois, ça va, mais qu'on ne vous y reprenne pas!

Immigrationniste...., nous? Pfeueueu! me jette un membre de notre équipe. Celle-ci n'est d'ailleurs pas au mieux: notre leader est lâché et, pendant que l'équipe concurrente "se balade" en tête, je vois nos équipiers qui s'entre-déchirent, faisant du sur-place.
Mais quelques spectateurs me réconfortent, on me remet sur mon vélo, non sans une "poussette" en prime, et me voilà reparti.
Dieu (façon de parler, la fatigue sans doute...), que la pente est sévère et que la route est longue !
Comment aller jusqu'au bout d'une pareille histoire, sans se faire épingler à nouveau par la patrouille ? Je n'y arriverai jamais !
Je fouille un peu dans ma musette pour savoir ce qui me reste de provisions... J'en retire le bouquin que m'a offert un des journaleux de gauche rencontrés la veille. Il a un nom à coucher dehors:
Hervé Algalarrondo...et son bouquin s'intitule pourtant:
- La Gauche et la préférence immigrée (fin 2011)
Je tiens mon sésame: au lieu de me fatiguer à grimper seul, je vais le suivre et pratiquer la "remorque" dans son sillage, en espérant qu'il ne dise pas trop de bétises:

PROLOGUE (il y en a toujours un dans le Tour) ET INTRODUCTION:

La bourgeoisie et la droite ont longtemps vu dans la classe ouvrière une classe "dangereuse". Par un navrant retour de l'histoire, c'est la "gauche bobo" qui voit désormais dans la classe ouvrière une classe dangereuse...
Pour la "gauche bobo", le danger vient des ouvriers: ils mettraient en péril le catéchisme de la bien-pensance... la libre circulation des produits et des hommes.

Personne ne s'interroge sur... les raisons qui conduisent le patronat à prôner, au même titre que la gauche "radicale", une France "ouverte".
C'est [pourtant] un mot d'ordre anti-ouvriers, dans la mesure où c'est par nature la catégorie la plus touchée par l'arrivée de nouveaux migrants.
[Ça, on le savait, mais c'est un peu loin des préoccupations de notre cher "bobo" que révulse une telle incompréhension de son horizon indépassable d'"universalisme", prévu pour la saint glin-glin, si tout se passe bien !]

LA DROIT-DE-L'HOMMISATION CAMOUFFLÉE ET "LE MALIEN DE LA PLONGE"

Le PS présente l'immigration en soi comme une nécessité:

"L'approche républicaine [ tout de suite, les grands mots... Comme Audiard le faisait dire à Gabin dans le film culte "Le Président" (disp. en direct sur le Net): Chaque fois qu'un coup fourré se prépare, il y a une république à sauver! ] que nous proposons repose sur un devoir de vérité:
La France et l'Europe ont besoin d'une immigration légale pour construire leur avenir ["avenir", c'est bien ce que disait JLM plus haut dans la même "alliance objective", comme on dit dans Le Monde Diplomatique!]"

Voilà un pur acte de foi, sans aucun fondement économique. Que les pays d'Europe qui connaissent un déclin démographique, comme l'Allemagne, doivent songer à ouvrir leurs frontières, sûrement. Mais que la France, qui connaît au contraire une certaine vitalité démographique, doive faire de même est contestable: sa priorité devrait être de donner du boulot aux travailleurs déjà présents dans l'hexagone, quelle que soit la date d'arrivée. Encore une fois, ce ne sont pas les plus nantis.

"Restons un pays ouvert...!" déclarait au Monde la Présidente du MEDEF [plus "politiquement correcte" que son actuel successeur, dont on voit la semelle avant qu'il ait levé le soulier, mais qu'importe pour le pouvoir PS]: plus il y a de candidats au travail [et d'armée de réserve au chômage], plus les salaires sont orientés à la baisse.

[ Pour l'instant, le tandem ci-dessus PS-MEDEF réussit au-delà de toute espérance:
36 000 chômeurs de plus ce mois, et la barre allègrement franchie des 5 000 000 de chômeurs...
Comme le clamait fébrilement MG Buffet lorsque JLM, avant le Prado, était à 16% et rattrappait M. Le Pen, le MEDEF pourrait dire là, lui aussi: on ne se fixe plus aucune limite ! ]

[Inversement,on pourrait penser que "le Malien de la plonge" d'Alain Badiou est pensé par ce dernier comme un fardeau de plus, mais que notre dignité de gauche impose de prendre en charge sans discrimination.]
"Au contraire! nous dit-il: La réalisation d'une politique vraie...a absolument besoin, pour sa possibilité même, de ceux qui viennent d'ailleurs".

[Parallèlement], les associations de défense des droits de l'homme ont demandé dans la foulée que soient levés un certain nombre d'obstacles à l'immigration.
Elles ont notamment réclamé que les étudiants étrangers ayant accompli leurs études en France ne soient plus tenus de regagner leur pays et puissent s'installer dans l'hexagone.
Accéder à cette demande revient à accepter que les pays du Nord siphonnent un peu plus les élites des pays du Sud. On voudrait empêcher les pays d'Afrique d' "émerger" qu'on ne s'y prendrait pas autrement !
[Et double victoire pour le capitalisme: il écrème pour pas cher de l'ingénieur et du mèdecin prêts à toutes les conditions, qu'il peut ainsi imposer ensuite aux nationaux.
Car le réfugié économique ne vient évidemment pas pour faire la révolution ou s'émanciper au contact de "frères" mieux lotis sur place: c'est si vrai qu'au pays des immigrés que sont les USA, ils ont massacré les autochtones jusqu'à en importer d'autres en esclavage!]

TERRA NOVA OU LES OUVRIERS À LA POUBELLE (de l'histoire) !

Il faut reconnaître à Terra Nova le mérite d'oser.
Son rapport publié au mois de mai 2011... propose ni plus ni moins à la gauche de renoncer à la "coalition ouvrière", sa ligne stratégique traditionnelle, pour structurer une "nouvelle coalition", celle de la "France de demain".
À la poubelle de l'histoire - et de la gauche - le prolétariat, au moins le prolétariat tricolore !

"Ces gens du peuple pensent mal et sentent mauvais. Ne seraient-ils pas un peu racistes?" a questionné, pour s'indigner, Jacques Julliard dans Marianne, après la publication de Terra Nova.
Prolophobes et fiers de l'etre, lui ont en quelque sorte répondu Olivier Ferrand et ses amis: la "France de demain"... ne saurait s'appuyer sur "un électorat inquiet de l'avenir, plus pessimiste, plus fermé, plus défensif", qui aurait adopté les valeurs culturelles conservatrices: ordre et sécurité, refus de l'immigration et de l'Islam, rejet de l'Europe..."
[On en conclue tout naturellement que le PS de Terra Nova trouve son bonheur dans cette Europe avide d'immigration et d'Islam, avec toute son insécurité et son désordre!]

ÉPILOGUE EN CONCLUSION

Le tournant... a été l'affaire du "bulldozer de Vitry" en 1980.
Un intellectuel maoïste a sonné la charge dans Le Monde [trop heureux d'offrir ses colonnes pour un tel usage].
Sans surprise, il s'agit... d'Alain Badiou !
"Je pèse mes mots, écrit-il: en réclamant une répartition équitable des ouvriers arabes et africains,... en appelant à la mobilisation pour l'arrêt absolu de l'immigration, le PCF met en branle la logique d'un racisme d'État".
La fatwa de Badiou et des autres dirigeants gauchistes a paralysé le PCF.
Trente ans plus tard, le FN est devenu le parti de la classe ouvrière...

7. h-toutcourt  le 11-07-2014 à 16:15:32

OÙ VA LE PG ?

1/ Lorsque qu'un des "officiels" du blog d'Alexis Corbière énonce, au billet du 17 juin (Commentaire 86), l'énormité:
- "La Banque Nationale de France est une institution privée"!
Le correctif peut être court:
"Non, elle est complétement nationalisée depuis le gouvernement De Gaulle avec les communistes, en 1945. (Elle l'avait été partiellement par le Front populaire de 1936).
Vous vous croyez encore à l'époque des 200 familles !"

[Encore aurais-je dû ajouter que tel n'est pas le cas de toutes les Banques nationales de la zone euro, même au Sud (ex: la Banca d'Italia, à actionnaires privés).
Or, toutes ces Banques nationales sont "actionnaires de la BCE", ce qui rend le POINT CRUCIAL LORSQUE JLM PRÉTEND "infléchir la BCE" sur l'austérité monétaire, en gardant l'euro. Cela revient à ne pas comprendre que l'euro est déjà le produit d'une logique privatisée.]

-

8. h-toutcourt  le 11-07-2014 à 16:19:50

2/ En revanche, lorsque Jacques Généreux énonce, dans son dernier livre (pp71-72) à propos des "adeptes de sa théorie de l'équilibre général", l'énormité:
- "En bons utilitaristes, ils estiment qu'un "optimum" social est atteint quand on maximise l'utilité collective. À la suite de Vilfredo Pareto...",
il commet là une (double) erreur si lourde de conséquence qu'elle ne peut être relevée aussi expéditivement...

En effet, c'est tomber ainsi dans le panneau de toute la théorie néoclassique élaborée pour justifier le néolibéralisme... C'est dire si J. GÉNÉREUX MET À CÔTÉ DE LA PLAQUE ! !
Je renvoie pour l'explication, un tant soit peu développée sur cet insidieux glissement sémantique à (271, sur le billet du 17 juin sus-nommé) où l'on peut lire notammment:

"Rappelons que le critère ultime des utilitaristes (Jeremy Bentham, John Stuart Mill, mais aussi David Hume et Adam Smith lui-même) était le bonheur de la collectivité, comme variable d’utilité globale. À un facteur multiplicatif près, sans incidence sur son optimisation, cela n’est rien d’autre que la fonction d’utilité totale, sous sa forme (nécessairement) probabilisée face à l’incertitude et la multitude:
U(x) = Somme des Pi.Ui(x), avec Somme des Pi = 1, i étant l’aléa individuel."

ainsi que la suite résumée (284):

"L’ « optimum de Pareto », lui, n’est pas un optimum, ni au sens mathématique, ni au sens usuel, mais un équilibre conflictuel parmi d’autres. Qu’il évite, par définition, les situations de blocage du type « dilemme des deux prisonniers » n’en fait pas un optimum en général (au sens de quel critère global?).
Un optimum se définit, comme ci-dessus, sur un critère de départ doté d’un ordre total (ou même partiel) incluant toutes les variables considérées, mais certainement pas comme résultat d’un conflit multi-critère dont l’équilibre dépend de la force avec laquelle chaque protagoniste tire la couverture à soi.
Partagez un gateau en huit avec votre convive et prenez-en sept parts, ne lui en laissant qu’une. C’est un optimum de Pareto puisqu’on ne peut augmenter la satisfaction d’aucun sans déplaire à l’autre.
L'escroquerie est d'autant plus importante à relever que G; Généreux s'y étale de tout son long:
- "Voilà le critère de Pareto: une situation est optimale quand on ne peut plus améliorer l'utilité d'un individu sans détériorer au moins celle d'un autre".

Et qu’on ne nous dise pas que c’est une simple question de dotation initiale, car la situation se renouvelle et s’aggrave tous les jours. On pourrait ainsi trouver à admirer, de même, le merveilleux optimum de Pareto que constitue la coexistence de mafias et d’honnêtes gens, sous prétexte que cela vaut mieux que l’echec du racket, mais avec des morts!
Un équilibre de forces dans un jeu conflictuel n’a jamais défini un optimum, et les tentatives pseudo-mathématiques désespérées d’en définir un après coup en fonction de la solution (ce qui est évidemment toujours possible) relèvent de la même escroquerie sémantique susdite."

Jacques Généreux est au demeurant fort sympathique, et réputé "pédagogique" dans ce registre... (un compliment qui lui était fait la semaine dernière, sur la chaîne parlementaire).
Mais il l'est tellement qu'il s'est fait, sans le savoir, le porte-parole de la doxa libérale en banalisant l' "optimum de Pareto" comme un optimum collectif qu'il n'est pas ! C'est un contre-sens majeur puisque cela sert en particulier à justifier (faussement) l'efficience des marchés et la concurrence sans autres formes de procès dans tous les enseignements de l'économie néoclassique.
D'où ma référence http://www.pauljorion.com/blog/?p=3...

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9. h-toutcourt  le 11-07-2014 à 16:26:44

3 /Ma troisième sidération fut la suivante:
Ayant fait revivre, par mon intervention, un débat impliquant mon vieil adversaire, le libéral - "social" Jean Peyrelevade, comme contradicteur, j’ai eu la surprise de voir le « staff » du blog, intervenir lui-même en ces termes:

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474. Le dimanche, 6 juillet 2014, 14:22 par Pulchérie

Jean Peyrelevade… non seulement lit notre blog, mais il y apporte sa contribution et ses compétences.
…pour les idées de J-LM, qui sont les nôtres, il nous honore en nous visitant.
Pour mieux le connaître, lisez cet article de Libération :
http://www.liberation.fr/portrait/1…
J.P. fut président du Crédit Lyonnais « guetté par la privatisation. »
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EXTRAITS du dit « LIBÉ », sur Jean Peyrelevade:

« Il apaise, rassure, invoque le stoïcisme de Marc Aurèle.
Un collaborateur: «Il n’élève jamais la voix. Ne claque jamais les portes. Ne connaît ni la colère ni les débordements. Plus il est furieux ou stressé, plus il paraît calme.»
«Son assurance confine à la vanité», s’amuse un rival.
Ce matheux est un rationaliste qui pense que chaque problème se résout comme une équation.

Il dit s’être opposé aux nationalisations, qu’il a mises en oeuvre en 1981, s’attribue aisément le tournant de la rigueur de 1983, mais a surtout gagné la reconnaissance patronale en résistant au raid sur la Société générale imaginé par Bérégovoy.
Il veille jalousement sur son niveau de rémunération, mais fait la leçon aux accapareurs de stock-options. Un proche le dit «extrêmement soucieux d’être bien vu par les gens de droite» et «très fier d’être apprécié par les financiers de Londres»
Il plaide contre le Smic ou les 35 heures,… mais déteste licencier, déléguant ces basses oeuvres à ses seconds.

Côté Tapie, on argue que le Lyonnais s’est payé sur le bouc émissaire, et que Peyrelevade en a fait une tête de Turc facile, à ravir la corporation patronale qui a toujours détesté le camelot flamboyant.
Tapie était toujours sur la brèche. Peyrelevade préfère se présenter en maître du temps.

Diantre! Quel panégyrique nuancé…

DÉCODAGE ET ILLUSTRATION :

A) Pour « sa contribution et ses compétences », on connaît et on a vu (débat technique sur "Sans Concorde, Airbus n’existerait pas"), ses collègues aussi:

EXTRAITS de “Confessions d’un banquier pourri” par Crésus, Livre de poche, 2009, p. 154 – 155, illustrant le dialogue entre deux banquiers :

“ -Vous avez lu la presse ?
- De quoi parlez-vous ?
- Peu importe, il est partout !
- Qui ?
- Peyrelevade, évidemment ! Vous allez voir qu’il va nous donner des leçons…
Son livre était sorti fin août dans l’indifférence générale…
Il faisait l’objet d’une critique plutôt salée dans “Le Monde” de la veille…
- Un donneur de leçons, voilà ce qu’il est devenu ! Quoique déjà, à l’époque du Lyonnais…”

-
B) Pour « les idées de J-L M, qui sont les nôtres, il nous honore en nous visitant » :

EXTRAITS du défunt Blog de Jean Peyrelevade « La Refondation du Capitalisme » (LeMonde.fr) :

MÉLANCHTON AUX CHIFFRES FAUX
le 12 janvier 2011 16H11 | par Jean Peyrelevade
Ce billet de rentrée, nouvelle manifestation de refus de la démagogie, est dédié aux mélenchonites, cette secte où l’on préfère les chiffres faux aux idées justes (ou, alternativement, les idées fausses aux chiffres justes)…
Je me répète : les chiffres de Jean-Luc Mélenchon sont grossièrement faux.

ACTUALITÉ (20)
le 17 février 2011 17H34 | parJean Peyrelevade
« Mélanchton aux chiffres faux », cela va décidément devenir un feuilleton inépuisable.La dernière manifestation du prurit qui conduit le Grand Leader à multiplier par deux ou trois les chiffres dont il pense qu’ils viennent à l’appui de ses thèses remonte à quelques jours…

MÉLANCHTON AUX CHIFRES FAUX (2)
le 18 mars 2011 15H40 | par Jean Peyrelevade
Je continue ma lecture critique du dernier livre de Piketty et associés, « Pour une révolution fiscale »… Même si je préfère les chiffres faux de Piketty à ceux de Mélanchton, il reste qu’ils sont faux.

MÉLANCHTON AUX CHIFRES FAUX (3)
le 31 août 2011 18H07 | parJean Peyrelevade
Chassez le naturel, il revient au galop. Le cher Jean-Luc Mélenchon s’était abstenu depuis quelque temps de citer des chiffres grossièrement faux. Il vient de craquer…

MÉLANCHTON AUX CHIFRES FAUX (4)
le 31 août 2011 18H07 | par Jean Peyrelevade
François Chérèque puis Jean-Luc Mélenchon font des 100 milliards cités une vérité universelle… Pourquoi, quand moi j’écris 20 milliards au mieux, avec signature et démonstrations (à de multiples reprises), je ne suis pas transformé de la même manière en certitude ?

[...]

MÉLANCHTON AUX CHIFRES FAUX (9)
le 9 janvier 2012 18H06 | par Jean Peyrelevade
On y trouve l’affirmation que depuis vingt-cinq ans la part dans la valeur ajoutée des entreprises des dividendes nets versés aux actionnaires est passée de 3% à plus de 8%. Gros progrès par rapport aux élucubrations du cher Jean-Luc…

Extrait de COMMENTAIRES de Marianne (autre pseudo d’Hadrien, interdit d’accès) :

MARIANNE – 9 janvier 2012 20 h 34 min
Notre « refondateur du capitalisme » est manifestement en mal d’inspiration pour en être ainsi réduit à la chasse aux imprécisions les plus minimes chez ses adversaires. Fonder tout un billet sur Christianne Marty « épinglée » pour avoir dit que, depuis vingt-cinq ans « la part des salaires reculait de 8 points », alors qu’il eût suffit de dire « en trente ans, de dix points » donne une idée du vide argumentaire:
« Ma démonstration simple est toujours la même : 2012 – 25 ans = 1987 »
Rappelons que, lorsque la bonne référence (à 1982) était fournie par JL Mélenchon et bien d’autres, l’argument était tout autre (peyrelevade | le 14 janvier 2011 à 17:04) :
« En 81/82 la part des salaires dans la valeur ajoutée au prix de base a atteint un pic absolu, record historique qui n’a plus jamais été touché… On peut rester un court moment en haut de l’Everest. Personne ne considère que c’est une situation normale… »
C’est d’ailleurs ce que qu’annonçait déjà l’auteur dans ses billets de 2009 sur « le partage de la richesse »:
« Les plans de rigueur de 1982 et 1983 et la désinflation compétitive permirent de corriger partiellement la situation. »

MARIANNE – 24 janvier 2012 17 h 52 min
Au lieu de traquer le pourcent dans des décalages de date, pour mieux avaliser ses thèses conservatrices du travail toujours trop cher, l’auteur ferait mieux de voir les faits en face:
En science économique, la productivité du travail s’évalue comme le ratio entre la valeur ajoutée et la rémunération du travail correspondant (cf Wikipedia). A ce jeu là, charges comprises, le travailleur français est au top mondial, derrière les Etats-Unis dont l’essentiel provient de la spéculation financière, et avec la Norvège qui le doit à sa ressource pétrolière très rentable.
Ce n’est donc pas le coût du travail en France qui obère la rentabilité des entreprises, comme l’illustre le fort taux d’investissements étrangers.
Il ne reste donc comme explication qu’un mauvais management des patrons et/ou de mauvais choix des financiers et investisseurs français. Ce n’est certainement pas la faute des salariés si le patronat français est traditionnelllement frileux sur l’innovation et si leurs banquiers et investisseurs le sont tout autant.
Et au lieu de nous vanter l’exemple allemand, JP ferait mieux de lire ses collègues:
http://www.lemonde.fr/crise-financi…

-
C) Pour le « président du Crédit Lyonnais «guetté par la privatisation» » :

ACTUALITÉ (7)
le 26 février 2010 14H38 | par Jean Peyrelevade
Qui me cherche me trouve.
Ce petit billet d’actualité est consacré à la réforme à venir du régime des retraites, qui se prête particulièrement bien aux débordements démagogiques…
Le raisonnement de Jean-Luc Mélenchon repose entièrement sur une ressource inexistante.

Extraits de COMMENTAIRES-RÉPONSES de Peyrelevade:

PEYRELEVADE – 15 mars 2010 18 h 30 min
Réponse à Hadrien (censuré, dont le commentaire est absent)
1/ Pascal Lamy ne m’a pas succédé à la tête du Crédit Lyonnais. Il est devenu Commissaire à Bruxelles ;
2/ Je n’ai jamais été chrétien-démocrate. Accessoirement je suis de culture laïque ;
3/ Pascal Lamy ne m’a pas été dépêché par le pouvoir socialiste pour la privatisation de la banque. Il m’a rejoint au Crédit Lyonnais alors que la droite était encore au pouvoir (Juppé à Matignon). CE N’EST PAS LUI QUI A PRIVATISÉ LE CRÉDIT LYONNAIS, MAIS MOI, sur injonction de Bruxelles en contrepartie de l’aide d’Etat que nous avions reçue…

PEYRELEVADE – 16 mars 2010 14 h 46 min
Réponse à krimo :
Que d’énergie dépensée à défendre une mauvaise cause ! Le seul avantage de votre présence sur le blog est de démontrer jusqu’à quel point peut aller la mauvaise foi de certains amis de Jean-Luc Mélenchon.
1/ Vous aviez dit que vous vous retiriez de ce blog. Vous dites une chose et faites le contraire. Je le regrette vraiment.
2/ Président du Crédit Lyonnais dès fin 1993, j’ai fait venir Pascal Lamy à mes côtés comme directeur général. Que ce soit en 94 ou 95 ne me parait pas d’une importance décisive… Ce n’est donc pas la gauche qui m’a envoyé Pascal pour me « chapeauter ». Et il ne m’a pas succédé puisqu’il est parti à Bruxelles alors que je restais au Crédit Lyonnais. Vos contorsions sur le sens du mot « succéder » sont risibles.
3/ Pour qu’il n’y ait aucune ambigüité, je tiens que Pascal Lamy est un homme d’une qualité exceptionnelle et qu’il est bien triste pour notre pays qu’on ne lui ait pas donné à Paris des responsabilités à hauteur de ses capacités. La gauche en est pour partie responsable.


SANS COMMENTAIRE…

10. h-toutcourt  le 11-07-2014 à 16:29:11

Les multiples obstructions dudit site à mes propos, aisément déjouées, nécessitaient notamment un évident et ironique changement de pseudo:

662. Le mercredi, 9 juillet 2014, 09:55 par Marianne(bis)

@ Jean Peyrelevade (635)
@ Tous

Il est assez cocasse de lire sous la plume du désormais « journaliste indépendant » Jean Peyrelevade une réponse à la prétendue « agression » dont il ferait l’objet. La manoeuvre est un exercice bien connu de tous ceux que l’opinion publique a oubliés.
Ayant lu l’ouvrage de JP Chevènement, j’ai eu quelque peine à retrouver les deux seules lignes où son nom, parmi d’autres, se trouvait énoncé.
Mais plus cocasse encore est le fait de se défendre benoîtement de l’appellation « néolibéral », alors que c’est celle d’ultra-conservateur qui conviendrait pour qui a passé son temps à habiller de fausse rationalité les mots d’ordre ressassés par les billets du blog « La Refondation du capitalisme » :

– Haro sur les trente-cinq heures!
– Sauver la Grèce en préservant…les spéculateurs.
– Piketty, non à la révolution fiscale!
– « Mélanchton »!, ou touchez pas au grisbi!
– Pourquoi il faut augmenter la TVA pour tous…
– Parce qu’imposer le capital serait une idée simpliste!
– Critique d’un prix Nobel français… (mourant).
– etc.

C’est avec la même conviction que ce frais moulu journaliste honore sa nouvelle profession en réclamant aussitôt « que Jean-Pierre Chevènement ne soit plus entendu »! Bigre.
Pour juger l’étendue de l’opprobre subie par le plaignant, citons donc les deux lignes incriminées de l’ancien ministre dans son livre, dans tout leur diabolique contexte:

» Robert Lion et JEAN PEYRELEVADE qui dirigeaient le cabinet de Pierre Mauroy, et Philippe Lagayette celui de Jacques Delors,…étaient convaincus de la véracité du « Théorème de Schmidt »: les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain qui feront les emplois d’après-demain.
[Le livre se dispense de noter que cela devint, pour beaucoup d'économistes, le "Paradoxe de Schmidt": les profits d'avant-hier firent l'épargne des riches hier et le chômage des pauvres aujourd'hui]
etc.

————————————————— ---------------
663. Le mercredi, 9 juillet 2014, 12:45 par Modérateur du blog d’Alexis Corbière

@ A tous

L’interminable pensum signé Marianne, qui fait suite à une autre interminable intervention, illustre parfaitement la définition de « troll » ou « »troller »: des propos visant à porter la polémique pour la polémique, noyant les débats sous on flot de considérations plus ou moins appropriées, occupant l’espace, bref,une forme de nuisance, voire de pollution d’un blog. Certains trolls ou trollers, en outre, usent et abusent d’une multiplicité de pseudos à cette fin. Chacun, par son style inimitable, peut reconnaître Hadrien...

Merci donc de ne pas alimenter ce genre de pratique en répondant à ce type d’envoi.

@Jean Peyrelevade
Puisque ce post 662, mais aussi pas mal d’autres vous sont personnellement adressés, vous avez été courtoisement reçu ici, d’aucuns ont trouvé que vos visites honorent ce blog...
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Ce qui amena le site à filtrer tous les intrus (à leurs yeux?), arrêtant par là-même son accès ouvert qui était un de ses atouts, mais laissant persister les injures et propos orduriers qui y caractérisent les « familiers ».

11. h-toutcourt  le 11-07-2014 à 17:45:28

POUR LA COMPRÉHENSION:

On voudra bien m'excuser d'avoir adopté le pseudo h-toutcourt, "diminutif" de mon vrai pseudo Hadrien : ce dernier était "réservé" sur ce site ! (Quel est donc cet heureux bénéficiaire, non encore manifesté ?)

12. pereval56  le 01-12-2014 à 13:00:06  (site)

Le M'PEP revendique aussi une sortie unilatérale de l'UE, de l'Euro.
http://www.m-pep.org/
Ce mouvement s'est alliée avec d'autres forces politiques pour créer le Comité Nationale de Résistance contre l'Union Européenne (CNR-UE) qui a lancé le mot d’ordre de boycotter les élections européennes pointant du doigt la contradiction du FN allant à la soupe européenne et les lubies d'une gauche , objet politique non identifié OPNI, qui s'étonne encore de son laminage électorale, croyant encore à la chimère de l'Europe sociale au sein de l'UE.

 
 
 
posté le mardi 03 juin 2014

La gauche radicale après les européennes : changer ou disparaître

 

Article paru sur le site de Marianne sous le titre "Front de gauche : changer ou disparaître" - Il aura fallu trente ans au Front national pour améliorer, aux élections européennes, son score historique de 1984. Inexistant au scrutin de 1979 (seuls 0,76 % des inscrits votaient pour lui), le parti de Jean-Marie Le Pen multipliait par huit son nombre de voix cinq ans plus tard et talonnait le Parti communiste français. A cette époque, le vote était protestataire : contre l'insécurité, contre le chômage et la crise attribués en partie à l'immigration, et contre le « tournant de la rigueur » opéré par le Parti socialiste en mars 1983. Mais qui se souvient qu'en 1984 le Front national était ultralibéral et pro-européen tandis que ceux qui s'opposaient radicalement à la construction européenne étaient les communistes ?


Trente ans plus tard, les r&

 


Commentaires

 

1. h-toutcourt  le 05-06-2014 à 20:54:31

Quel étrange retournement, en effet :

Pour quiconque a compris que l'enjeu est aujourd'hui la lutte contre le libéralisme, véritable machine à détruire les États et leurs acquis sociaux, il suffisait de garder en tête ses trois composantes que constituent les "libertés" inconditionnelles de circulation et de transaction :
- des capitaux (actifs et monnaie)
- des marchandises (biens et services)
- des personnes (main d'oeuvre)
À ces trois composantes, seule Marine Le Pen sut apporter la contradiction en se prononçant contre:
- la monnaie unique
- l'abandon de toute frontière
- l'absence de tout contrôle

Où est-il passé, ce temps où Jean-Luc Mélenchon nourrissait ces arguments de ses propres images:
"Tout être vivant a besoin de frontières pour subsister. En biologie, même un être monocellulaire possède une membrane qui le protège et l'empêche de se dissoudre dans le milieu" !

 
 
 
posté le mardi 29 avril 2014

Pourquoi le PG s'accroche-t-il à l'euro ?

 

 

Dans un article du 27 avril 2014, intitulé « L'euro : on peut s'en sortir ! » (http://guillaumeetievant.com/2014/04/27/leuro-on-peut-sen-sortir/), Guillaume Etievant, Secrétaire national du Parti de gauche à l'économie et au travail, résume la position de son organisation sur la question de la monnaie unique.

 

L'auteur critique vertement les politiques monétaires de la Banque centrale européenne, inspirées jusqu'à la caricature des grands principes ultralibéraux, mais s'attarde surtout sur les moyens à mettre en œuvre pour en sortir. Constatant que « sauf miracle, le jeu traditionnel de la négociation ne pourra permettre aucun changement radical de la politique monétaire », Guillaume Etievant et le PG proposent une stratégie pour la France : rester dans la zone euro, mais désobéir aux règles monétaires de Bruxelles en autorisant la Banque de France à prêter au Trésor public, c'est à dire à l’État.

 

Le parti de Jean-Luc Mélenchon ne souhaite pas l'explosion de la zone euro, et encore moins sortir unilatéralement la France de l'eurozone, pour une raison principale : il faut, selon lui, une politique monétaire coordonnée à l'échelle de plusieurs pays afin d'éviter l'isolement et les politiques de rigueur. Guillaume Etievant ajoute que « l’obsession pour la sortie de l’euro », qui consiste à présenter cette solution comme un « remède miracle » est un « danger politique ». Pour autant, le PG est prêt à assumer cette désobéissance, quitte à ce que la France soit exclue de la zone euro par les autres États.

 

La position du PG n'est pas nouvelle, mais ce texte me donne l'occasion d'exprimer plusieurs points d'accord et de désaccord, tant sur le problème monétaire que sur celui, plus global, de la souveraineté.

 

Premier point d'accord : la question de l'euro ne fait pas tout, loin de là. L'Union européenne repose sur deux piliers : un ordre juridique et un ordre monétaire, tous deux voués à l'ultralibéralisme. Depuis des mois, le débat se concentre sur l'euro, et la question juridique est largement oubliée. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Tout d'abord, les économistes – et c'est compréhensible – s'attardent sur les questions économiques et monétaires mais s'intéressent peu aux aspects juridiques. Ensuite, Marine Le Pen a depuis longtemps fait de la sortie de l'euro un élément fort de sa stratégie politique. Les partis se trouvent obligés de se positionner face au Front national, et sont constamment poussés en ce sens par les médias, ce qui propulse le sujet de la monnaie unique sur le devant de la scène. Enfin, et peut-être surtout, la critique de l'euro se développe aussi à droite et dans les milieux économiques orthodoxes.

 

Guillaume Etievant a raison : certains suggèrent de sortir de l'euro pour restaurer la compétitivité de la France (ou de l'Europe) sans rien vouloir changer aux règles de la concurrence internationale. Une sorte de nostalgie des Trente glorieuses et un véritable fétichisme de la croissance se retrouvent, par exemple, dans les positions de Marine Le Pen, mais aussi de Nicolas Dupont-Aignan ou de Jean-Pierre Chevènement1. Or, une sortie de l'euro qui permettrait simplement à la France de dévaluer et de mieux concurrencer la Chine ou les États-Unis n'est pas une position de gauche. Le PG a raison d'assumer son internationalisme, car l'ambition de la gauche radicale doit être, à terme, de refonder l'ordre international, et non de s'y adapter au mieux. Seule, la sortie de l'euro ne le permet pas. Il faut une double stratégie : démondialiser l'économie et développer la coopération avec les autres États.

 

Sur le volet de la démondialisation, la gauche radicale doit avoir une position claire et cohérente : il faut sortir de l'ordre monétaire et, dans le même temps, de l'ordre juridique européen. Il ne servirait en effet à rien de disposer d'une monnaie nationale s'il fallait continuer à se plier au droit européen, inscrit depuis l'adoption du traité de Maastricht dans la Constitution française. Pour gouverner à gauche, il faut que la France dénonce unilatéralement le traité de Lisbonne et les centaines de directives ou de règlements européens qui s'imposent aux États. Ceci suppose de modifier la Constitution française pour restaurer la primauté absolue du droit national. Malheureusement, même s'il invoque la « désobéissance européenne » et propose de « déroger » au droit européen, le PG se refuse pour l'instant à aller jusque là.

 

Sur le volet de la coopération, j'ai un autre point d'accord avec Guillaume Etievant : il faut essayer de coordonner les politiques monétaires. Il faut même aller bien au delà, et développer des accords de coopération commerciale et non commerciale, prioritairement avec les pays qui en ont le plus besoin2. Malheureusement, une monnaie unique ne permet pas de « coordonner les politiques monétaires », elle impose une et une seule politique à plusieurs États. Si, à un moment donné, ces États ont des objectifs politiques convergents, tant mieux ; si, par le jeu de la démocratie, ce n'est plus le cas, alors la monnaie unique est un carcan, et la loi du plus fort s'impose. La monnaie unique n'est donc pas faite pour la coopération. Elle est soit une étape dans un processus de fédération, soit un outil de domination.

 

Si je suis partisan (non-obsessionnel et clairement internationaliste) de la sortie pure et simple de l'euro, c'est avant tout pour une question de souveraineté. Un peuple souverain doit pouvoir contrôler sa monnaie comme il doit produire son droit de façon libre et démocratique. La coopération monétaire n'a jamais eu besoin d'une monnaie unique : des États peuvent très bien s'accorder sur un régime de change, comme sur bien d'autres sujets, suite à une négociation bi ou multilatérale, en signant un accord politique. Au contraire, l'union monétaire vise, comme le libre échange au niveau commercial, à évacuer le politique. Ce n'est donc pas seulement l'euro le problème, c'est le principe même de la monnaie unique, qui est une atteinte à la souveraineté populaire. Un parti comme le PG, qui veut rendre le pouvoir aux peuples, devrait être le premier à en prendre conscience.

 

Aurélien Bernier

Auteur de La gauche radicale et ses tabous (Seuil, 2014) et Désobéissons à l'Union européenne !  (en accès libre sur http://abernier.vefblog.net)

29 avril 2014

 

1Concernant le MRC, il est possible (mais regrettable) que l'absence de proposition sur une refonte de l'ordre international soit une lacune programmatique. Concernant le Front national, cette position est assumée : le parti d'extrême-droite n'a jamais envisagé de sortir du capitalisme, et souhaite au contraire défendre les intérêts du capitalisme français.

2Pour le cas de l'Europe : la Grèce, l'Espagne, le Portugal...

 


Commentaires

 

1. h-toutcourt  le 13-05-2014 à 16:47:11

L'universalisme n'est en rien un internationalisme inconditionnel !

Il est en effet frappant que des figures de proue de cette "gauche" (sociale-)libérale, devenue "la droite complexée" selon l'heureuse expression de Lordon, soient d'anciens trotskistes que l'internationalisme a fait glisser sans effort apparent vers le néolibéralisme le plus orthodoxe, comme une sorte d'ultime rédemption qu'ils croient ainsi trouver par référence à leurs anciennes amours: c'est aggraver encore leur cas, tant il est vrai pour ceux-là qu' "après l'heure, c'est plus l'heure"!
Tel est le cas le cas de figures emblématiques du PS (Cambadélis, Jospin, Moscovici, ), mais on pourrait en ajouter beaucoup d'autres, à l'image de Weber (auquel Sapir adressait récemment une lettre-ouverte-réponse bien sentie http://russeurope.hypotheses.org/22...)

J'ai d'autant plus apprécié la pertinence du livre "LA GAUCHE RADICALE ET SES TABOUS", plus spécifique encore, qui vient illustrer à point nommé en quoi, avec l'approche imminente des élections européennes, on doit dire à ceux restés encore à gauche: "avant l'heure, c'est pas l'heure"!

Le livre identifie en effet trois tabous:
- le tabou protectionniste
- le tabou anti-européiste
- le tabou souverainiste

Pour celui qui ne veut pas se tromper et ne retenir que des éléments concrets, c’est toute l’économie néolibérale qui est ainsi mise en cause ! Car il n’est pas besoin d’être grand économiste pour noter que ces trois tabous recouvrent notamment les trois objets du non-interventionnisme constituant le dogme du libéralisme, c'est à dire la libre circulation de:
- marchandises,
- capitaux
- main d'oeuvre

Stiglitz ne disait-il pas dans son dernier ouvrage ("Le prix de l'inégalité") que l'internationalisation a «circonscrit la démocratie»:
«La compétition entre les pays pour l’investissement prend de nombreuses formes – pas seulement la baisse des salaires et l’affaiblissement de la protection des travailleurs. C’est une course vers le bas globale qui assure que les règlementations sont faibles et les impôts bas...
Avec le capital très mobile – et les droits de douanes bas – les entreprises peuvent simplement dire aux travailleurs que s’ils n’acceptent pas des salaires plus bas et des conditions de travail moins bonnes, l’entreprise ira ailleurs.»

Et Jacques NIKONOFF ne tirait-t-il pas les conclusions qui s'imposent aujourd'hui...
SUR LE VÉRITABLE INTERNATIONALISME :
« ’L’espace mondial est entièrement dominé par les puissances d’argent : les grands médias planétaires, les firmes multinationales dont les grands établissements financiers, les institutions multilatérales (FMI, OMC, UE, Banque mondiale, OTAN). Le peuple est absent et n’a pas voix au chapitre. Ce n’est donc pas à cette échelle que des mesures contraires à l’intérêt des possédants pourront être prises. Certes, il faut poursuivre la lutte et les efforts de convergence entre toutes les forces à l’échelle mondiale. Mais ce n’est pas pour demain. En attendant, le seul espace où il reste encore un peu de démocratie et où le peuple existe est celui de la nation. C’est la raison pour laquelle nous considérons que la priorité du combat politique doit être la lutte pour l’indépendance nationale. Comme au temps de la décolonisation avec les mouvements de libération nationale. Cette lutte doit concerner toutes les nations et tous les peuples pour bâtir un nouvel ordre mondial débarrassé du néolibéralisme, un ordre internationaliste. »
http://ragemag.fr/la-lutte-collecti...

Il est donc plus simple d’abandonner une fois pour toutes le sophisme de « l'internationalisme » bienfaiteur, plutôt que de prétendre le préserver en y ajoutant constamment des rustines ad-hoc dont l’énuméré de la liste devient plus long que le principe allégué lui-même.
Certains préfèrent attendre le grand soir trotskiste du "socialisme dans tous les pays". Ils risquent de l'attendre longtemps, si l'on en croit Audiard qui faisait dire à Biraud et Aznavour à propos de Ventura, dans "Un taxi pour Tobrouk":
- mieux vaut une brute qui marche que deux intellectuels assis !

En 1789, la révolution n'aurait pas vu le jour si les sans-culottes n'avaient pas repoussé les armées de l'Europe monarchique massées à leurs portes pour la faire échouer... Aujourd'hui, ce sont les armées de la pseudo-intelligenzia internationaliste qui se pressent pour faire feu de tous bois, au premier rang desquels la "droite complexée" que constitue le PS:
Ainsi, ne voit-on pas à l'étal des librairies, à quelques semaines du scrutin européen des titres d'auteurs dont la concomitance et le libellé ne doivent rien au hasard:
Guiguou: "Europe", sous-titré: "Les défis à venir de la première puissance économique mondiale" !
ou encore:
Jospin: "Le Mal Napoléonien" !
Le clin d'oeil à tous les internationalistes crédules est clair:
Vive la nouvelle Internationale... libérale !

On ne peut que rappeler l'aveu célèbre d'Alain Touraine:
"Le mot libéral étant devenu imprononçable, on en a inventé un autre, le mot Europe!"
Croire qu'on peut composer avec ce projet néolibéral depuis l'origine qu'est l'Europe des marchands et des lobbies, c'est se jeter tout droit dans les bras de Pascal Lamy qu'il fallait entendre sur la chaîne parlementaire, il y a quelques jours, vantant les mérites de Schröder et des petits boulots sous le SMIC nécessaires à la COM-PÉ-TI-TI-VI-TÉ... au moment où Merkel évoluait timidement vers un SMIC allemand a minima !

De même concernant l'euro, sur lequel la position de JLM semble toujours partagée (vieille réminiscence socdem de son passage au PS, sans doute...), alors même qu'un ancien économiste PS de la plus belle eau, devenu membre du Conseil général de la Banque de France par la grâce de Jean-pierre Bel, publie dans sa chronique d'hier sur Charlie-hebdo:
« Je vire ma cuti. J’ai voté oui à Maastricht, oui au traité constitutionnel.
Aujourd’hui, je pense qu’il faut quitter la zone euro. » (Bernard Maris)
L’Allemagne tirant l’euro vers le haut par son dogme de l’orthodoxie monétaire et son entêtement suicidaire, l’euro se trouve surévalué pas seulement pour les pays d’Europe du Sud, rappelait déjà Oncle Bernard:
"Les allemands ont réussi à s’appauvrir avec Schroeder, qui décida de casser les salaires et de baisser les impôts des firmes pour rendre l’industrie encore plus compétitive.
Résultat: l’Allemagne rééquilibre son budget, devient super-exportatrice… et son niveau de vie s’effondre. Elle ne consomme plus" [si tant est qu'elle ait jamais consommé... (cf son rang de dernier en zone euro pour le patrimoine médian!)]

Enfin, last but not least, rappelons le pêché originel de l’eurolibéralisme, créature de la mondialisation libérale et parodie risible d’un mot d’ordre détourné :
- Prolétaires de tous les pays, concurrencez-vous !
Quand la gauche va-t-elle enfin dénoncer le libéralisme dévastateur pour ce qu’il est, exploitation de la « libre » circulation des capitaux, des marchandises, ET de la main d’oeuvre ?
Comme à l’époque de l’esclavage, on subit une sorte de « commerce triangulaire »:
Exportation et investissement des capitaux dans les pays à bas salaires, exploitation sur place concurrençant les pays aux acquis sociaux (et fiscaux) plus avancés, et inversement importation de cette « misère du monde » faisant pression sur ce qui reste de prospérité acquise, chez nous, par nos ainés…
Il ne devrait plus, sous peu, nous en rester beaucoup !
Car, dans les deux cas, par le biais de l’internationalisme libéral, on condamne respectivement les travailleurs des deux camps à la stagnation et à la régression !
La généralisation à tous les pays de cette logique, c’est la course mortelle au moins-disant, l’inverse du développement et de la croissance:
- moins de revenus et de prestations sociales pour les travailleurs
- moins de cotisations et d’obligations sociales pour les patrons, ce qui revient au même… (et que nous vivons en ce moment précis)
Comme l’avait fort bien décrit S. Halimi dans son ouvrage monumental “Le grand bond en arrière”, c’est la ruine de toutes les conquêtes sociales depuis le XIXe siècle.
Et surtout ne pas faire d'anachronisme sur l'époque, non encore venue, en invoquant l'internationalisme trotskyste, comme dans le discours de JLM à Marseille à l'intention de tout le Maghreb: "Plus on est de fous, plus on rit!" (sic)
Résultat: d'un 16% en pleine ascension pour concurrencer le FN... redescente à 11%, pour ne plus en bouger.
Prière de ne pas recommencer la même erreur... s'il est encore temps !

2. h-toutcourt  le 13-05-2014 à 17:18:49

Un autre livre vient de paraître qui fait le tour de ces questions (et bien d'autres), en formulant un jugement sans appel... pour qui sait lire entre les lignes.
C'est celui de Frédéric Lordon (La malfaçon, LLL, mars 2014), dont voici quelques extraits:

QUESTIONS DE CADRE

"Il y a des simplifications auxquelles il faut résister, mais il y en a parfois de bienvenues. Gauche et droite, c'est une affaire de cadre, de rapport au cadre.
Voilà donc peut-être comment il faudrait dire les choses plus justement: l'alternance UMP-PS n'est rien d'autre que celle de la droite décomplexée et de la droite complexée.
Le cadre actuel est parfaitement visible et connu de tous. C'est le cadre européen de Maastricht-Lisbonne."

DE QUOI S'AGIT-T-IL ?

"Que le peuple souverain puisse décider et réviser à sa guise, c'est ce que les puissances qui dominent la construction européenne ne veulent plus, à aucun prix...
Il faut donc redire la possibilité du national contre les fausses évidences de ses disqualifications, contre les faux verdicts de fatalité qui la vouent aux pires des nationalismes xénophobes...
Mais il faut surtout sortir de cette mortelle antinomie du "nationalisme" et de "l'internationalisme", cette hystérisation symétrique qui ne parvient plus à penser le minimum de complexité de leur articulation.
De sorte que l'internationalisme abstrait, prêt à pactiser avec le néolibéralisme pour le seul motif d'accomplir d'abord le "dépassement post-national" quel que soit le contenu dudit dépassement, est devenu le pire ennemi de l'internationalisme, là où la préoccupation nationale bien comprise pourrait être, sans le moindre paradoxe, son meilleur véhicule.
De la même manière qu'il serait opportun de purger le débat économique du mot réforme, il faudra bien un jour débarrasser le débat politique de "faire le jeu", cette objection-écran bien faite pour ne jamais poser les problèmes: envisager la démondialisation, par exemple, c'est "faire le jeu du FN"...
Et puis l'on entendra inévitablement, d'exaspération et de panique mêlées, les rappels au front uni, à la hauteur des enjeux et à l'irresponsabilité de dénoncer la "gauche de droite", qui plus est "à ce moment-là", plutôt que de réserver ses traits à la droite tout court (qui n'est pas de gauche).
Mais que la droite soit, elle, conforme à son concept, il n'y a pas grand chose à objecter, juste à la combattre - mais en étant de gauche. C'est que "la gauche" devienne de droite l'anomalie qui crève les yeux et - paradoxe oculaire - finit par se voir. Il faut donc prendre au pied de la lettre les inquiets qui ne jurent que par le salut de "la gauche": ils veulent réserver la critique à la droite? C'est parfait: c'est toute la droite-du-cadre, et elle seulement, qui y aura droit."
(Frederic Lordon)


LORDON, LUI AUSSI, PIÉGÉ...
SUR LES MILLE ET UNE FAÇONS DE TUER JAURÈS !

Par un texte intitulé fièrement « Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas », Frédéric Lordon reprend dans son dernier livre ces passages déjà parus sur son blog (La pompe à phynance, Blogs du Diplo):

« Contre l’armée de réserve des sans-papiers: LA RÉGULARISATION… :
Ainsi… la nouvelle empathie pour les travailleurs immigrés revient-elle périodiquement souligner que l’immigration irrégulière constitue une « armée de réserve » prête à s’employer aux pires conditions, et vouée par là à faire une concurrence déloyale aux salariés réguliers (nationaux), notamment à tirer vers le bas les salaires.
On fera observer à Marine Le Pen qu’on règle très facilement le problème de la sous-armée de réserve des clandestins: par la régularisation intégrale! Plus de clandestinité, plus de vulnérabilité, plus de chantage patronal, plus de salaires de misère… Les régularisés auront les mêmes salaires et les mêmes droits que les nationaux et les résidents légaux – auxquels ils appartiendront -, cessant par là même de créer cette poche de sous-salariat dépressionnaire qui produit objectivement tous ses effets de dumping social intérieur…
On ne voit pas au nom de quoi la gauche devrait abandonner l’idée de la nation ouverte, jouant le sol contre le sang, assise sur la citoyenneté et sur elle seule, qui lui a été léguée… par la Révolution:
- Tout homme né et domicilié en France, âgé de vingt et un ans accomplis, qui est domicilié en France depuis une année – y vit de son travail – ou acquiert une propriété – ou épouse une française – ou adopte un enfant – ou nourrit un vieillard; tout étranger, enfin, qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis à l’exercice des droits de citoyen français.
C’est l’article 4 de la Constitution de 1793, la Constitution de la Convention, la Constitution de Robespierre… »

Au seul nom de Robespierre, nonobstant les réserves de certains, le républicain tend à s’incliner devant l’intégrité personnifiée. Le procédé serait presque déloyal! Et pourtant… c’est moins Robespierre qui est ici en cause que la reprise inappropriée de son propos dans un contexte, deux siècles plus tard, qu’il ne pouvait évidemment prévoir.

Reprenons, en effet, l’argument-clé de Lordon :
« …la régularisation intégrale! Plus de clandestinité, plus de vulnérabilité, plus de chantage patronal, plus de salaires de misère… cessant par là même tous ses effets de dumping social intérieur… »
Mais non! Le clandestin (et l’immigré démuni, de façon plus générale), n’étant utilisé que pour son bas coût et sa surexploitation possible, perd tout intérêt dans le système libéral actuel, si ce n’est plus le cas ! Il devient même alors désavantagé, la plupart du temps (langue, formation, us et coutumes, etc.)
Il ira donc rejoindre d’emblée la cohorte des nombreux sans-emploi et, sans aucun droit au chômage, finira, ses premières ressources épuisées,… à la charge des secours sociaux ou même SDF !

Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas…
c’est L’INTERNATIONALE LIBÉRALE ???

Il est symptomatique que notre meilleur pamphlétaire du néolibéralisme puisse s’arrêter ainsi dans son raisonnement… sur le pas de porte !
Car qu’est-ce que le (néo)libéralisme sinon, par définition, la libre circulation des capitaux, des marchandises, ET de la main d’oeuvre…

Sur le premier aspect, notre auteur a fourni une ample contribution critique : Et la vertu sauvera le monde…(mai 2008), Jusqu’à quand ? (nov 2008), etc.
Sur le second, il est un des rares à transgresser le tabou : le protectionnisme et ses ennemis (2012).
Mais sur le troisième, ça coince ! A l’approche du but, sa monture se cabre, refuse d’avancer… Va de retro Satanas ! Car une part du terrain fut de longue
date le « camp de base » du FN, même si sa nouvelle figure de proue s’en est extraite pour faire le long chemin inverse en direction de « la gauche critique ».
Rien n’y fait, le réflexe pavlovien est là : « c’est un piège », « on nous prend notre électorat ». Du coup, on perd tous ses repères : « si c’est midi à leur montre, c’est qu’il doit forcément faire nuit à la notre », etc.
Et d’invoquer l’internationalisme de Marx :
« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » !
Mais Marx n’a jamais dit : « Prolétaires de tous les pays, concurrencez-vous » ! C’est pourtant ce à quoi conduit l’internationalisme trotskyste mal compris, ou plutôt mal transposé à notre époque :
C’est ainsi que l’on voit Besancenot tancer JLM en lui reprochant son nationalisme étroit…
Le PC et JLM lui-même vont jusqu’à critiquer la logique de Jacques Sapir, au nom des meilleures intentions. Ça donne le spectacle étonamment rare d’un Mélenchon s’accrochant à l’euro, comme on peut le suivre en video sur : http://russeurope.hypotheses.org/14...

Quant à l’invocation de la Constitution de 1793, celle de Robespierre, tous deux se situaient en un temps où la richesse était essentiellement agricole… et ne demandait que de nouveaux bras, le libéralisme n’existant pas encore… et pour cause, où la population mondiale était sept fois moindre, sans compter l’absence ou la cherté de moyens de transport lointains limitant sévèrement l’immigration transfrontalière…!

On pourrait presque conclure : « Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas : c’est l’euro…libéralisme ? ». Ou peut-être encore, pour citer une référence de circonstance, et d'envergure au moins égale à celle de Robespierre:
Ce que l’extrême droite ne nous prendra pas…
c’est « L’INTERNATIONALE DE LA MISÈRE » ???

Témoin, en effet, l'extrait déjà donné de la motion défendue par le député de Carmaux JEAN JAURÈS, lors de séance parlementaire du 8 mars 1887 :
« Je dis que lorsqu’on vient acheter sur le marché français des produits agricoles, du blé, par exemple, qui ont été obtenus par des travailleurs réduits à un salaire dérisoire, c’est exactement comme si on jetait dans les campagnes de France, pour faire concurrence à nos paysans, les ouvriers qui au dehors travaillent à des salaires dépréciés. Et voilà pourquoi, pour ma part, je ne me refuse nullement à protéger l’ensemble de la production agricole ; mais j’ajoute : à condition – et vous vous y êtes engagés vous-mêmes – que par des mesures complémentaires vous assuriez à la communauté rurale, à ceux qui travaillent véritablement, le bénéfice exclusif de cette mesure. Voilà pourquoi, lorsque vous aurez voté les surtaxes que vous préparez, nous viendrons vous demander d’en assurer directement le bénéfice aux travailleurs des champs. »

» De même, nous protestons contre l’invasion des ouvriers étrangers qui viennent travailler au rabais. Et ici, il ne faut pas qu’il y ait de méprise :
Nous n’entendons nullement, nous qui sommes internationalistes… »
[Rumeurs et interruptions sur divers bancs]
« Vous entendez bien que ce n’est pas nous qui voulons éveiller entre les travailleurs manuels des différents pays les animosités d’un chauvinisme jaloux ; non, mais ce que nous ne voulons pas, , c’est que le capital international aille chercher la main d’oeuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jetter sans contrôle et sans règlementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont les plus bas. »
[Applaudissements]
« C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main d’oeuvre française contre la main d’oeuvre étrangère, non pas, je le répète, par un exclusivisme d’esprit chauvin, mais pour substituer l’internationale du bien-être à l’internationale de la misère. »
[Applaudissements à l’extrême gauche. Mouvements divers]

3. h-toutcourt  le 14-05-2014 à 20:16:37

MONNAIE FORTE ET IDÉES COURTES

Durant toute l’après guerre, on n’a cessé à propos du mark, en France et ailleurs, de confondre monnaie forte et fort pouvoir d’achat, ce qui n’a rien à voir: le mark ne se dévaluait pas, mais les (bas) salaires ne s’évaluaient pas non plus !
C’est ce dont on constate aujourd’hui le résultat dans le revenu disponible des ménages, et surtout le faible patrimoine accumulé en Allemagne… (cf commentaire du billet précédent)
Il devrait en être d’autant moins ainsi en Allemagne qu’une démographie qui diminue partage ses acquis entre moins d’enfants !

On est également resté sur la légende bismarckienne que les Allemands avaient le même système social que nous, avec les mêmes avantages sociaux, ce qui est loin d’être le cas:
Ainsi, on ne nous dirait pas aujourd’hui que les allemands veulent un euro fort pour leurs retraités si ceux-ci étaient sous le régime de répartition français, qui est insensible aux évolutions de la monnaie, ce qui n’est pas le cas de la capitalisation !

Dans la préparation de l’euro, vu comme euro-mark, on a donc largement sur-évalué ce qu’était le réel pouvoir d’achat intérieur allemand.
En conséquence, la conversion en euro(-mark)s hors zone mark fut sur-évaluée d’autant, ce que la monnaie unique a traduit immédiatement en enchérissement des biens et patrimoines hors zone mark.
Concernant les biens fabriqués, c’est très mauvais pour la compétitivité et donc pour l’emploi.
Mais concernant les patrimoines, c’est très bon pour ceux qui en ont… C’est en partie la raison de surprenants « nouveaux riches » chez certains propriétaires méditerranéens.
Et c’est d’autant meilleur qu’ils sont élevés… C’est l’explication de l’entêtement de certaines classes possédantes (armateurs grecs, artistes et intelligentzia internationale, etc.) à ne pas vouloir quitter l’euro: contrairement à ce qui est dit dans les médias complaisamment , ce n’est pas parce que la dette s’enchérirait, ce qui est faux (cf Jacques Sapir sur http://russeurope.hypotheses.org/1639), mais bien parce que ceux-là verraient leurs biens fortement dévalués à l’international !

4. Serge Olivier  le 16-05-2014 à 08:58:03

Bonjour
Pourquoi donc cette référence en forme de critique acerbe à l'endroit des trotskystes ? Les anciens maoïstes, de la CIMADE au GISTI, n'ont-ils pas colporté aussi par exemple l'idée d'une immigration sans problème ? Ne hantent-ils pas les lieux de pouvoir ? Et les ex-staliniens, n'en trouve-t-on jusques et y compris au PS ? Etc. Leur passé politique n'est pas suffisant pour les agonir de critiques, d'autant que tout cela est bien approximatif. Par exemple, une revue telle que "Utopie critique", venue à l'origine de trotskystes, était plutôt "souverainiste"…

5. h-toutcourt  le 20-05-2014 à 18:46:20

Hier, dans l’émission bien connue « Mots croisés » de la télévision française, le sinistre Hortefeux en remettait une couche avec l’inénarrable argument:
« La France pourrait réussir avec l’euro, et je vous le démontre: voyez l’Allemagne…! »
Réussir quoi et avec quels résultats pour la population ? Jugeons-en la réalité, plutôt que l’apparence mise en exergue par ceux qui souhaiteraient nous imposer le même régime :

LA RÉALITÉ SUR L’ALLEMAGNE ET LA FRANCE :

La France a appliqué après 1949 une politique inflationniste keynésienne alors que l’Allemagne a appliqué le dogme de l’école autrichienne. Résultat sur la richesse patrimoniale après tant d’années:
Les statistiques internationales (cf Piketty: Le capital au XXIe siècle) confirment que, partant après la guerre d’un capital national détérioré équivalent à 250-300% chacun en termes de revenu national annuel, la France est remonté à 600%, contre 400% seulement pour l’Allemagne !

OÙ LE PATRIMOINE MÉDIAN DE LA POPULATION EST-IL LE PLUS BAS EN EUROPE ?
… EN ALLEMAGNE !

Voici, en valeur absolue (euros), le rapport original de l’étude récente de la BCE tant commentée par les médias avec une gêne évidente, concernant le patrimoine net des ménages en zone euro: http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/ecbsp2en.p…
Le patrimoine ou NET WEALTH (Richesse nette, c.a.d. moins les dettes) comporte bien, en effet:
- Real Assets (dont real estate assets, c.a.d. immobilier)
- Financial assets (avoirs financiers)

Patrimoine médian PAR MÉNAGE (Zone euro)
Luxembourg: 398 KE
Chypre: 267 KE
Malte: 216 KE
Belgique: 206 KE
Espagne: 183 KE
Italie: 173 KE
France: 116 KE
Paysbas: 104 KE
Grèce: 102 KE
Slovénie: 101 KE
Finlande: 85 KE
Autriche: 76 KE
Portugal: 75 KE
Slovaquie: 61 KE
ALLEMAGNE: 51 KE

Patrimoine médian PAR PERSONNE :

Belgique: 95 KE
Espagne: 70 KE
Italie: 70 KE
France: 55 KE
Pays bas: 47 KE
Finlande: 45 KE
Grèce: 42 KE
Autriche: 40 KE
Portugal: 30 KE
ALLEMAGNE: 30 KE

On comprend que ce rapport ait fait scandale en Allemagne!
Qu’a donc fait l’Allemagne de l’Ouest de tous ses excédents commerciaux durant toute la deuxième moitié du XXe siècle ?
La réponse a malheureusement été donnée par Gaël Giraud et Cécile Rouard dans leur livre (Le facteur douze):
« les ménages allemands possédant plus de 100 millions d’actifs sont au nombre de 900, juste derrière les USA avec 3000, (contre 300 en France) », soit le nombre proportionnellement le plus grand de ces très riches parmi toute la population mondiale, faisant désormais de l’Allemagne le pays le plus inégalitaire des grands pays développés!
Là encore, un fait qui est soigneusement dissimulé par la doxa libérale qui nous engage à suivre ce modèle: les excédents allemands s’exercent au détriment des bas salaires et viennent gonfler la fortune des actionnaires d’entreprises (ce qui explique pourquoi on ne voit rien dans le patrimoine moyen qui intègre indistinctement les deux).
On ne s’étonnera pas, après tout cela, que Alain Minc ait pu pousser ce cri du coeur dans le titre de son dernier livre: « Vive l’Allemagne » !
En un mot, l’Allemagne est avant tout excédentaire… parce que l’allemand médian n’est pas en mesure de consommer !

OÙ LE CHÔMAGE (RÉEL) ÉLEVÉ EST-IL LE PLUS DISSIMULÉ ?
… EN ALLEMAGNE !
(http://www.wsws.org/en/articles/2011/11/unem-n12.html)
UNEMPLOYMENT IN GERMANY : Appearance and reality

Last week the Federal Employment Agency (BA) reported a further decline in unemployment in Germany. In fact, the BA statistics have relatively little to do with social reality.

CHÔMAGE RÉEL

A closer look at the BA statistics reveal that more than a million unemployed are not included in the official jobless figures. Some 376,000 unemployed people older than 58 years are not included in the statistics, together with nearly 190,000 persons employed in one-euro-per-hour jobs. In addition, more than 300,000 people engaged in various forms of vocational training and “occupational integration” schemes do not appear in the statistic. The same applies to the over 320,000 registered unemployed due to health problems.
Also missing from the official figures are those unemployed persons whose benefits were cut off for one reason or another. In 2010 the number of penalties imposed by the employment authorities increased by 14 percent nationwide compared to the year before. This year the BA expects to issue nearly a million such penalties.
In 2010 the number of penalties imposed by the employment authorities increased by 14 percent nationwide compared to the year before. This year the BA expects to issue nearly a million such penalties.

It is only on the basis of such statistical trickery that the BA arrives at the relatively low unemployment rate for Germany compared to other countries.
If one considers the total number of benefits recipients, the official figure swells enormously—bearing in mind that this total does not include the jobless who, for various reasons, draw no benefits.

Furthermore, according to the BA’s preliminary estimate for October, over 5.1 million employed people between the ages of 15 and 65 years drew unemployment benefits.
These recipients have jobs of one description or another, but their incomes are so small they qualify for unemployment benefits. This group includes 1.4 million people who are part-time, limited contract employees, or so-called “mini-jobbers”, who earn at most €400 ($US 550) per month, 230,000 part-time employees in other categories and around 320,000 people who actually work full-time, but earn less than the miserly basic unemployment payment, despite working a 40-hour week.
The BA report reveals a good deal about current rates of unemployment benefits (Hartz IV payments). In June 2011, 6.2 million people in 3.4 million families received Hartz IV benefits. In these families, an average of 1.9 people received only €672 ($US 925) for their basic needs, i.e., around €340 ($US 468) per month, per person.

EMPLOIS SOUS-PAYÉS

A high percentage of those who slip through the employment statistics are immigrant youth or young women. Munk refers to these young people as a “reserve army of the disadvantaged in the labour market.” These young men and women are eventually forced to accept the worst-paid forms of work.
It is not surprising therefore that the number of low-wage earners in Germany is growing steadily. According to a study released by the Prognos AG research company, some 1.2 million people earn less than €5 per hour and 5 million people earn less than € 8.50 per hour (gross).
If one assesses the low-wage sector by international standards (which defines a “low wage” as less than two-thirds of the average), then nearly one in four full-time employees (22.8 percent) in Germany earns a poverty wage. This amounts to nearly 10 million workers.

The official number of poor people in Germany is also growing steadily. In 2009 the Federal Statistical Office classified approximately 12.6 million people as poor. Those most affected by poverty are the unemployed and single parents.
The growth of poverty in Germany is largely due to the policies of the Social Democrat (SPD)-Green coalition government led by Chancellor Gerhard Schröder (SPD), which in 1998 implemented the biggest social cuts in Germany since the Second World War.
High unemployment, a rapidly growing low-wage sector and major cuts in social spending have set in motion a social disaster that will only deepen as the current crisis unfolds. The official statistics try to disguise and gloss over this. But unlike statistics, one cannot falsify the real experiences of millions of people.


 
 
 
posté le vendredi 25 avril 2014

La droite républicaine : eurosceptique, mais pas anticapitaliste

 

Extrait de Désobéissons à l'Union européenne ! (2014) - Même si elle s’est considérablement affaiblie au fur et à mesure que progressait la droite ultralibérale, il existe toujours en France une droite républicaine qui se revendique du « gaullisme social ». Incarnée par Jacques Chaban-Delmas, puis par Philippe Séguin et aujourd’hui par Nicolas Dupont-Aignan, elle défend la démocratie sociale. Il n’existe pas dans son discours de remise en cause réelle du capitalisme, mais une dénonciation du « mauvais capitalisme », qui serait une forme déviante d’une idéologie qui n’est pas condamnable en soi. Les valeurs du gaullisme se traduisent notamment par le souci d’indépendance de la France sur la scène internationale, la défense de l’ordre et de la justice sociale, la souveraineté populaire, le tout nécessitant un pouvoir exécutif fort.

 

Debout la République (DLR) est le principal parti politique se revendiquant du gaullisme « authentique ». Il est présidé par le député de l'Essonne Nicolas Dupont-Aignan. Ce courant du Rassemblement pour la République (RPR) puis de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), formé en 1999, est devenu un parti politique en tant que tel lors de son congrès fondateur du 23 novembre 2008. Le 9 mai 2004, la motion de DLR hostile à la ratification du projet de Traité établissant une constitution pour l’Europe (TCUE) obtenait 19,7 % au Conseil national de l’UMP. Pourtant, DLR ne déposait pas de motion défendant le « non » au projet de Constitution européenne, et le 6 mars 2005, la motion « L’Europe mérite un Oui » qui soutenait l’ultralibéral traité européen réunissait 90,8 % au sein de l’UMP.

 

Un an jour pour jour après le « non » français au Traité établissant une constitution pour l’Europe, le courant gaulliste publiait un « Manifeste des Européens pour une autre Europe ». Ce document de onze pages précise les grandes orientations figurant dans le programme politique. Il est composé de deux parties : une première consacrée au constat et une seconde formulant des propositions. Au niveau du constat, la distinction entre l’idéal européen et la construction politique « Union européenne » est bien faite : « Quand on débat d’Europe, encore faudrait-il savoir de quoi on parle ! Évoque-t-on l’idéal de coopération et de rapprochement entre les peuples – qui fait l’unanimité  ou le fonctionnement du super-État que l’on s’acharne contre vents et marées à imposer aux Européens ? » Mais en focalisant sur la perte de souveraineté nationale qui serait due à un « emballement fédéral », DLR oublie de dire qui est ce « on » qui impose l’eurolibéralisme. L’analyse économique se borne à critiquer le libre-échangisme de l’Union européenne et sa politique monétaire technocratique qui tueraient la croissance. Mais les républicains de droite ne vont pas jusqu’au bout du raisonnement et ne présentent pas l’Union européenne telle qu’elle est : une construction au service des classes dominantes qui n’est pas guidée par un aveuglement fédéraliste, mais bien par un projet politique ultralibéral cohérent.

 

La seconde partie, intitulée « Construisons maintenant l’Europe du bon sens », souhaite renouer avec l’Europe confédérale chère au général de Gaulle. Cette Europe « à la carte » émergerait d’une profonde réforme institutionnelle. La Commission deviendrait une « structure administrative de mission chargée de réfléchir aux intérêts communs des Européens et de garantir la diversité culturelle et linguistique ». Pour les questions juridiques et monétaires, « le domaine d’action de la CJCE1 serait étroitement encadré par le traité, et l’institution serait chapeautée par une Cour de cassation composée de magistrats nationaux pour éviter l’extension sans fin d’une jurisprudence proliférante et incontrôlée. La Banque centrale européenne serait encadrée par un Conseil des ministres de l’euro ». Enfin, « une seconde Chambre européenne serait instaurée, composée de représentants des Parlements nationaux : elle préparerait et accompagnerait les négociations des États membres sur les décisions prises à la majorité qualifiée et aurait le dernier mot sur le Parlement européen en matière de codécision ». Limitée géographiquement, cette Europe protégerait ses marchés pour retrouver la croissance et la compétitivité et engagerait des projets à la carte en matière de recherche, de défense ou de culture. Dans ce manifeste de 2006, la droite gaulliste n'était donc pas beaucoup plus téméraire que la gauche socialiste, conditionnant toute perspective de changement à l'impossible ratification d’un nouveau traité européen.

 

À la fin des années 2000, pourtant, le discours se précise. Suite au déclenchement de la crise financière en 2008, DLR abandonne l'idée de réformer la monnaie unique et devient partisan d'un « démontage » de l'euro, c'est à dire d'une sortie concertée. Le 28 juin 2012, le parti gaulliste publie un « plan de secours alternatif pour l'Europe ». Certaines recettes économiques proposées dans ce document et dans le programme du parti sont tout à fait intéressantes, puisque DLR propose de monétiser la dette publique ou de réintroduire « des monnaies nationales qui permettront des ajustements de parité ».

 

Au niveau juridique, le discours se radicalise également : « Plutôt que de chercher à transformer des traités qui ne sont pas réformables, nous proposons donc de dénoncer l’ensemble des traités européens. Ils sont illégitimes depuis le non des peuples au référendum de 2005 [...]. L’objectif est de bâtir une nouvelle Europe des États et des coopérations, dans le cadre d’un traité simplifié et limité aux questions de l’organisation des pouvoirs. » Mais DLR se refuse encore à écrire l'élément le plus important de tout programme de rupture avec l'Union européenne : puisque une sortie concertée, à vingt-huit États, de l'ordre juridique et monétaire européen est illusoire, cette sortie doit être unilatérale.

 

Il existe par ailleurs un problème de fond, que l'on retrouve également chez des souverainistes de gauche comme Jean-Pierre Chevènement : les mesures proposées s'inscrivent dans la perspective de redresser la compétitivité de la France dans la concurrence internationale. Le projet politique n'est pas de sortir de cette concurrence pour instaurer un nouvel ordre mondial basé sur la coopération. Il n'est pas de rompre avec le capitalisme, mais seulement avec ses excès. Ainsi, le « plan de secours alternatif pour l'Europe » de DLR prône un contrôle temporaire des mouvements de capitaux alors que ce contrôle doit au contraire être permanent. Il propose une réduction de 4 points des dépenses publiques (52 % contre 56 %) alors que la satisfaction des besoins sociaux et les politiques environnementales nécessitent au contraire une forte augmentation. Le positionnement des gaullistes est d'ailleurs cohérent : sans contrôle des mouvements de capitaux, leur taxation ne peut être fortement augmentée, et dès lors, les dépenses publiques doivent être contenues ou réduites. Mais de fait, ce programme ne permet pas de redresser le partage de la valeur ajoutée au profit des salariés et au détriment des détenteurs de capitaux. Il ne permet pas de financer des politiques sociales ambitieuses, sauf à ce que la France dope ses exportations en recourant au dumping, comme le capitalisme allemand a su le faire. Il s'agit finalement de reconstruire un compromis social proche de celui qui existait durant les Trente Glorieuses. En théorie, ce compromis serait une grande avancée, bien qu'insuffisante, par rapport au désastre eurolibéral que nous subissons. En pratique, il est impossible à mettre en œuvre, car il s'inscrit dans une vision productiviste que les crises environnementales ont rendue totalement obsolète. De fait, il serait dangereux, car porteur de conflits entre États pour l'accès aux ressources naturelles.

 

 

 

 

1Cour de justice des Communautés européennes.

 

 

 

Pour lire l'intégralité du livre : http://abernier.vefblog.net/30.html#Desobeissons_a_lUnion_europeenne_en_version_actual

 

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Commentaires

 

1. h-toutcourt  le 13-05-2014 à 17:42:04


SE MÉFIER DES CONTREFAÇONS !

Aurélien a de nombreux émules, qu’il doit (mode dubitatif autant qu’impératif) connaître:

Il y a quelques jours de cela, je commentais ironiquement le billet d'Alexis Corbière intitulé (18 avril), en notant:
Désobéir... pour sauver l'Euro(pe), nouvelle pensée unique ?

De même en ce qui concerne STEVE OHANA et son blog (au même titre que son bouquin):
http://desobeirpoursauverleurope.co...
Ses conclusions sont malheureusement typiques d’une « bien-pensance » éternellement aveugle qu’il livre au billet antécédent:
http://desobeirpoursauverleurope.co...
Cet auteur, comme certains autres, n’a pas le courage d’afficher les réponses et les conserve pour lui dans sa rubrique vide de tout commentaire, en renvoyant à chaque commentateur la mention « Votre commentaire est en attente de modération »…ad vitam éternam.
Je livre donc ici l’une des miennes:

» Il n’y a pas eu plus fervent promoteur de l’Europe actuelle et de ses impasses que le mouvement social-démocrate… auquel Ohana voudrait continuer de confier les clés d’une solution !
Pas étonnant que Jacques Attali ait préfacé son livre (que j’ai lu)…
C’est la foi des éternels « croyants », au point de se croire autorisé à inverser les rôles avec les « partis extrêmes »… que l’on accuse de ne pas voir « les rapports de force avec l’Allemagne » !
Ça se termine en apothéose avec la conclusion qui va de soi de la part de l’auteur, reprise sur son blog: « Bénéficiant du soutien d’une majorité d’Européens, ce projet alternatif mettra l’Allemagne face à ses responsabilités : soit elle s’y joindra,… soit elle prendra la décision responsable et salutaire de revenir d’elle-même au mark. Dans un cas comme dans l’autre, l’Europe sera sauvée » !
Ben voyons !
Et il ne lui est pas venu l’idée saugrenue que les classes dirigeantes allemandes pourraient dire Nein…, laissant aux autres les frais de leur extraction, si ça leur chante, de cette Europe libérale-conservatrice dans laquelle ils se sont fourrés avec entrain ? Le capitalisme allemand, revigoré par l’unification d’une « Deutschland über alles », pourra toujours compter sur une égale foi symétrique de sa population pour partir, à ses dépens, en guerre… économique, contre tout le monde ! »

 
 
 
 

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