Démondialiser et coopérer

Blog d'Aurélien BERNIER

posté le mercredi 27 avril 2011

Sortie du recueil de nouvelles "Les mondes d'après"

 

Des massacres au purin d'ortie... Un contrôle des naissances réalisé par les forces de l'ordre... Un groupuscule de gauche qui séquestre Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn... En onze nouvelles, Les mondes d'après nous propose plusieurs visions de l'avenir, parfois diamétralement opposées. Pourtant, une chose est sûre : les années qui viennent s'annoncent "vertes". Mais s'agit-il du vert-prairie d'une écologie révolutionnaire ou d'un vert-kaki autoritaire et hygiéniste ?


Les auteurs de ces mondes d'après sont écrivains (Jérôme Leroy, Fred Vargas, Maxime Vivas), journalistes (Frédéric Denhez), scientifiques (Jacques Testart), politiologues (Paul Aries) ou militants (Aurélien Bernier, Michel Gicquel, Corinne Morel-Darleux). Ils ont pris le risque d'abandonner leur terrain d'expression habituel pour en investir un autre : celui de la fiction. On y retrouve parfois leurs thèmes de prédilection - la révolution populaire, la décroissance, la critique de l'eugénisme - mais sous forme de rêves ou de cauchemars, en dévoilant leurs craintes, leurs désirs, leurs coups de folie ou leurs fantasmes. Les mondes d'après transporte le lecteur en 2050, dans la Société du Partage Obligatoire, et le ramène en 2012, en France, à la veille des élections présidentielles. Il parcourt des chemins de traverse, qui vont bien au delà des salles de débats, des manifestations, des tracts politiques et des livres "sérieux", mais où la réalité n'est jamais très loin...


Les mondes d'après
Editions Golias, Combats actuels, Avril 2011
12 €
http://lesmondesdapres.blogspot.com/

 


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posté le mercredi 13 avril 2011

Comment mettre en oeuvre le protectionnisme écologique ?

 

 

Controverse dans la revue Regards, par Sophie Labit| 16 mars 2011 - Pour Aurélien Bernier (M’PEP) et Yannick Jadot (Europe écologie), l’impact du commerce international sur la détérioration de l’environnement n’est plus à démontrer. Ces militants s’accordent sur la nécessité d’un protectionnisme écologique, mais s’opposent radicalement sur la stratégie pour y parvenir.


Qu’est-ce que le protectionnisme écologique ?

Yannick Jadot  : Personnellement, je préfère parler de protection de l’environnement en lien avec les échanges commerciaux. Le terme de protectionnisme sous entend qu’on protège son pays, son industrie des autres pays. Or, il ne s’agit pas de se protéger de l’extérieur, mais de protéger la forêt, le climat, les populations des pollutions, etc. Aujourd’hui les échanges commerciaux sont responsables d’environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Pour protéger le climat, il faut donc agir sur ces échanges, en les contraignant, en les régulant, en les interdisant ou en les promouvant.

Aurélien Bernier  : Le débat sémantique me paraît assez secondaire. Parler de protectionnisme écologique et social permet justement de se différencier d’un protectionnisme de repli et montre qu’on ne cherche ni à supprimer les échanges commerciaux ni à instaurer une concurrence déloyale entre Etats. Emissions de gaz à effet de serre, pollutions chimiques, épuisement des ressources… Les grandes puissances économiques profitent de la quasi-absence de législation sur l’environnement. On ne peut donc envisager de répondre à la crise environnementale sans réguler le commerce international, en ayant recours à des mesures telles que l’interdiction de produire certains produits dangereux ou la taxation des importations en fonction de critères sociaux et environnementaux. L’objectif étant aussi d’instaurer un commerce équitable entre Etats.

Comment envisagez-vous la mise en oeuvre de ce protectionnisme écologique et social ? Quelle stratégie souhaitez-vous adopter ?

Yannick Jadot  : Il existe des accords environnementaux qui permettent de réguler les échanges. Pour exemple nous avons réussi à stopper l’exportation de l’épave du Clémenceau vers l’Inde en nous appuyant sur la convention internationale interdisant aux pays européens d’exporter leurs déchets toxiques vers les pays du Sud. Cependant ces accords ne suffisent pas puisque parallèlement l’Europe négocie des accords de libre échange en totale contradiction avec les objectifs environnementaux. Alors qu’il est urgent de stopper la déforestation dans la zone tropicale, l’UE prépare des accords avec un certain nombre de pays favorisant de fait la libéralisation du commerce du bois. Il faut agir sur la cohérence des politiques. On ne peut pas avoir en même temps une politique qui protège et une politique qui détruit. Nous devons réussir à intégrer dans les accords commerciaux des éléments environnementaux et sociaux qui priment sur l’objectif purement commercial. Et dans le même temps nous devons aussi réfléchir à des mesures antidumping en vue de nous protéger des importations qui favorisent le dumping social et environnemental.

Pour vous l’Europe reste l’échelon pertinent pour l’instauration d’un protectionnisme écologique ?

Yannick Jadot  : Absolument. Pour moi, le grand débat d’aujourd’hui est celui de la souveraineté. A savoir : où pouvons-nous encore agir sur notre destin ? Actuellement, le problème n’est pas la perte de souveraineté visà- vis de l’Europe mais visà- vis des marchands et des marchés. Certes, en matière d’environnement, l’échelon global semble davantage idéal pour instaurer une réglementation, mais en tant que première puissance commerciale du monde, l’Europe peut tout à fait impacter sur le commerce mondial en établissant des taxes et de nouvelles normes environnementales.

Aurélien Bernier  : Je ne suis pas d’accord sur le choix de l’échelle européenne. Rappelons tout de même que l’Europe a inscrit dans ses fondamentaux la promotion du libre échange et que le traité de Lisbonne ne permet ni le contrôle ni la taxation des capitaux. Il existe donc une contradiction fondamentale entre la quasi-totalité des directives et des règlements européens et les questions environnementales. Les réglementations sur les OGM ou les gaz à effet de serre se limitent essentiellement à faire un peu d’emballage écologique, mais au final elles visent à garder intact les conditions du libre échange et du commerce international. On peut toujours essayer de changer les choses de l’intérieur, cela permet de faire passer un discours mais en aucun cas d’aboutir à des changements majeurs. Car pour ce faire, il faudrait remettre en cause les fondamentaux de l’UE.

Que proposez-vous ?

Aurélien Bernier  : La désobéissance européenne  ! La restauration de la primauté du droit national sur le droit communautaire. Pour instaurer une taxe carbone au niveau européen il faut l’unanimité des 27 Etats membres et compte tenu des rapports de forces politiques existants entre ces pays cela semble aujourd’hui impossible. Si on souhaite une taxe carbone nous devons la décréter au niveau national et faire fi de l’UE. De la même manière, si demain Europe écologie ou le Parti de gauche arrivait au pouvoir et voulait instaurer une véritable politique écologique, ils se heurteraient à l’UE. Ils auraient alors le choix entre abandonner leurs propositions écologiques ou choisir de désobéir. Au M’PEP (Mouvement politique d’éducation populaire, ndlr) nous sommes arrivés à la conclusion que changer l’Europe de l’intérieur nécessiterait de mettre à bas le traité européen et la quasi-totalité des directives. Cela risque de prendre un temps infini, or nous devons stopper l’empreinte écologique et le désastre social de toute urgence !

Mais comment faire pour étendre ces mesures aux pays voisins ?

Aurélien Bernier  : Si nous réussissons à élire un gouvernement de gauche qui met en place une régulation des échanges sur la base de critères environnementaux permettant d’aller vers un mieux-disant écologique, on imagine sans peine que les mouvements écolos des pays voisins ne resteront pas les bras croisés. Cela aura pour effet d’amplifier un mouvement revendicatif et permettra de montrer qu’il est possible de provoquer des basculements sans passer par les institutions européennes mais en tablant sur la politique de la preuve. Pour nous la mise en oeuvre d’un protectionnisme écologique et social passe inévitablement par l’adoption de mesures unilatérales.

Yannick Jadot  : On peut décliner ce raisonnement à l’infini. Considérer que le niveau régional est davantage pertinent que l’échelon national, etc. La question de l’échelle est évidemment essentielle. Je suis d’accord avec le fait qu’une partie de la reprise en main de nos destins passe par le niveau local, par notre capacité à sortir des systèmes de la grande distribution, à privilégier les circuits courts, à favoriser les réseaux des PME et les entreprises d’économie sociale et solidaire. Chaque échelle doit avoir son sens. Oui, l’Europe a beaucoup perdu. Mais la solution n’est pas de la rediviser. Pour que l’UE puisse discuter les questions globales il faut qu’elle reste une puissance économique, politique et commerciale. L’échelle européenne n’est pas l’échelle de la défaite. Elle peut l’être mais elle peut aussi être l’échelle de la construction.

Aurélien Bernier  : Il n’existe pas de souveraineté populaire à l’échelle de l’UE, ce qui constitue une grande différence avec les Etats. Si le parlement européen était de gauche, on aurait tout de même une institution ultralibérale construite sur un traité ultralibéral. Le parlement a des pouvoirs limités. Il est notamment incompétent sur les questions de commerce international.

Yannick Jadot  : C’est faux ! Nous ne sommes pas incompétents. Depuis la ratification du traité de Lisbonne nous sommes dans la codécision.

Aurélien Bernier  : C’est la Commission seule qui négocie les accords avec l’OMC.

Yannick Jadot  : Ce n’est pas la question des institutions qui bloque mais celle de la volonté politique. Si, dans les années 1990, Jospin, Blair et Schröder avaient voulu construire une Europe sociale, ils auraient pu le faire. C’est une des grandes défaites de la gauche de ces années-là.

Aurélien Bernier  : Quoi qu’il en soit l’Europe sociale n’existe pas et elle n’existera jamais. Les institutions sont verrouillées et mener un combat de l’intérieur n’amènera pas les changements escomptés tandis qu’à l’échelle nationale c’est encore possible.

Yannick Jadot  : Sans la réglementation européenne sur l’environnement, la France serait aujourd’hui encore plus en retard sur ces questions qu’elle ne l’est déjà. Nous sommes un pays conservateur en matière environnementale. Si la Politique agricole commune (PAC) est si peu écologique et sociale, c’est parce que la France a défendu le pire des modèles productivistes. C’est donc bien l’échelle nationale qui ici fait défaut et non l’échelle européenne. Les lois européennes ne sont que le résultat des positions des Etats. Certes la Commission est d’obédience libérale, mais si demain les chefs d’Etats étaient majoritairement issus de la gauche, José Manuel Barroso serait pour la régulation !

Cela ne résout pas la question du pouvoir du parlement européen…

Yannick Jadot  : Le pouvoir du parlement est trop faible. Aujourd’hui ce sont les chefs d’Etat qui élisent le président de la Commission européenne et non le parlement. Conscients de cet état de fait, nous combattons pour que l’institution européenne soit politiquement déterminée par la majorité parlementaire. Cependant je crois que les échelles sont multiples et qu’il n’existe pas de lieu clé où tout doit être décidé. Parfois il faut jouer l’Europe pour gagner les Etats, parfois il faut jouer les Etats pour gagner l’Europe. Tout est pertinent ! Au final, seule la volonté politique est vraiment déterminante pour modifier les rapports de force. Il nous faut donc convaincre nos concitoyens de la puissance du modèle écologique.

 

 


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posté le lundi 28 mars 2011

Le blog de Thierry Savatier

Si un sujet réunit autour de lui un large consensus au sein de la classe politique française, c’est bien l’Union Européenne. Les extrêmes des deux bords exceptés, chacun semble s’attacher, avec plus ou moins d’enthousiasme, à poursuivre la construction de l’Europe, même s’il faut reconnaître que beaucoup de progrès restent à accomplir – les voix dissonantes des pays membres, notamment en matière diplomatique et d’intervention militaire en Libye, en offrent un récent exemple. Voilà pourquoi, dans ce contexte majoritaire d’assentiment, le dernier livre d’Aurélien Bernier, Désobéissons à l’Union Européenne (Mille et une nuits, 176 pages, 4 €) vient jouer les trouble-fête.

L’auteur dresse d’abord son constat : s’appuyant sur l’histoire du vieux continent de l’après-guerre, il avance que, depuis la CECA, l’Europe ne s’est jamais construite en faveur des peuples, mais des puissances économiques au sein d’un modèle qu’il qualifie aujourd’hui d’ « ultralibéral ». Au passage, il brosse les portraits au vitriol de quelques pères de l’Europe, Jean Monnet, Robert Schuman bien sûr mais, surtout, Jacques Delors. Aurélien Bernier réserve toutefois ses plus vives attaques aux institutions européennes nées au fil des traités. Illégitimité d’une Commission omnipotente composée de membres non élus, Cour de justice ne faisant que « consolider le néolibéralisme »,  système verrouillé par les traités dont certains (Traité constitutionnel de 2005 et Traité de Lisbonne de 2008) furent pourtant repoussés par referendum dans plusieurs pays, transfert irréversible de souveraineté législative et monétaire au profit de Bruxelles et de la BCE, rôle de l’Assemblée parlementaire réduit à quia, etc.

Il examine ensuite, non sans sévérité, les positions respectives des partis politiques français, y compris de ceux qui manifestent une méfiance, voire un rejet du projet européen. Cet examen le conduit à une conclusion : le système est ainsi construit qu’il empêcherait toute politique « de gauche » de s’appliquer, même si un parlement et un gouvernement légitimes en manifestaient la volonté. Pour sortir de cette impasse et promouvoir une Europe résolument sociale, l’auteur prône la « désobéissance européenne » qu’il qualifie de « légaliste », dont le but serait de « restaurer la primauté du droit national ». Les contours de cette action restent toutefois assez imprécis dans la mesure où il ne cite dans son essai que quelques pistes : « désobéir à tous les textes organisant le démantèlement des services publics », « refonte du code des marchés publics » en introduisant une clause environnementale privilégiant de facto les entreprises régionales ou nationales, adoption de règles protectionnistes destinées à « mettre fin au libre échange ».

La mesure la plus spectaculaire serait sans doute de « sortir de la monnaie unique et construire une monnaie commune » permettant « à chaque Etat de conserver sa monnaie nationale ». Cette monnaie commune serait, selon l’auteur, « utilisée dans les transactions commerciales et bancaires internationales. » « En restaurant des taux de change fixes et en arrimant les monnaies nationales à cette monnaie commune, poursuit-il, il est possible de garantir les monnaies européennes contre la spéculation. » Une affirmation de nature à soulever bien des perplexités – et pas seulement chez les économistes néolibéraux…

 On peut, ou non, adhérer aux propositions d’Aurélien Bernier. Et le mérite de son livre est de proposer un débat sur un sujet qui concerne l’ensemble des Européens et reste encore tabou. En revanche, on s’inquiète de la manière dont il balaie d’un revers de la main les sanctions qui frapperaient la France si elle venait à mettre ce projet de désobéissance européenne à exécution. Car il s’agirait d’enfreindre la plupart des dispositions des traités de l’U.E., sans parler des accords de l’OMC et d’autres traités commerciaux bi ou multilatéraux. Or, penser, comme le suggère l’auteur, que la France pourrait, à elle seule, renégocier le statut de l’Union et ne subir aucune conséquence négative des sanctions qui lui seraient imposées relève d’un optimisme surprenant, voire d’une naïveté réelle ou teintée d’arrières-pensées politiques.

Il suffit de voir comment l’Allemagne et ses partenaires de l’Europe centrale et de la Baltique (version moderne et adoucie de la vision géopolitique de Friedrich Ratzel) se sont opposés à l’intéressant projet initial d’Union pour la Méditerranée (UPM) proposé en 2007 par la France pour s’en convaincre. Alors que Berlin anime l’Union baltique depuis 1992 – une transposition nordique de l’UPM première mouture, n’incluant que les riverains de la Baltique – la Chancelière allemande est parvenue à imposer que l’ensemble des membres de l’U.E. soient intégrés  dans l’UPM. Cette stratégie traduit une volonté évidente d’éviter que la France n’exerce une trop grande influence dans le bassin méditerranéen ; elle risque de conduire l’UPM à l’échec qu’ont déjà connu, pour d’autres raisons, le Processus de Barcelone et la Politique de voisinage dans les relations avec le Nord de l’Afrique et le Proche-Orient, mais elle démontre surtout la difficulté que peut rencontrer Paris à promouvoir ses initiatives dans une communauté riche de 27 pays.

Il est évident que l’U.E. est loin de répondre à toutes les attentes de ses habitants, notamment en matière économique et sociale; le taux d’abstention croissant lors des différents scrutins européens l’indique; la hausse générale des tarifs des biens et services dérégulés - alors que la dérégulation était censée servir les consommateurs par le jeu de la concurrence - en offre un autre exemple. Il est tout aussi évident que la Commission fait preuve d’une imagination féconde dans la proposition de directives imbéciles, comme celle de 2009 visant à autoriser la production de vin rosé par… assemblage de vins rouges et blancs, ou les tentatives répétées, sous la pression des lobbies industriels, d’interdire les fromages au lait cru, piliers multiséculaires de notre gastronomie. Sans doute le programme revendiqué par Aurélien Bernier, visant à « reconquérir la souveraineté populaire par les urnes et par le droit » est-il théoriquement séduisant ; mais, sans pour autant faire preuve d’un pessimisme excessif, imaginer que la désobéissance européenne telle que décrite dans cet essai pourrait être couronnée de succès dans le monde complexe et multipolaire d’aujourd’hui n’est pas sans rappeler ce qu’écrivait Georges Perec dans Les Choses : « L’horizon de leurs désirs était impitoyablement bouché : leurs grandes rêveries impossibles n’appartenaient qu’à l’utopie. »

 

Illustration : François Boucher, “L’Enlèvement d’Europe”, 1747. 

 


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posté le lundi 28 mars 2011

La Nouvelle République - Centre Presse : Petit manuel de désobéissance

 

 

Les essais politiques se conjuguent à l’impératif. Après le court mais retentissant “ Indignez-vous ! ” de Stéphane Hessel, celui du Poitevin Aurélien Bernier.

Le militant du Mouvement pour une éducation populaire (M’PEP) publie un assez iconoclaste Désobéissons à l’Union européenne. Déjà auteur de plusieurs ouvrages dénonçant l’imposture écologiste, selon lui, des Grenelle de l’Environnement et autres taxes carbone, Aurélien Bernier, dans la droite ligne du mouvement qu’il a contribué à fonder, s’attaque aujourd’hui à l’Union européenne, fer de lance des ultralibéraux.

Sa démonstration est au vitriol. Pour Aurélien Bernier, les pères fondateurs de l’Europe, les Robert Schuman et autres Jean Monnet, benoîtement présentés par l’hagiographie officielle comme des idéalistes pacifistes, n’étaient que les instruments des milieux d’affaires.

 

A l’assaut des meetings de gauche

 

Rien d’étonnant dans ces conditions que la construction européenne n’ait été qu’une suite de mesures visant à dépouiller les États et leurs peuples de leurs droits au profit du capital. Que les grands partis de gauche, Parti socialiste, Verts et même PCF aient accepté en tout ou partie ce transfert de pouvoirs ne démontre qu’une chose : ils se sont fait berner à moins qu’ils n’aient été complices de ce complot ourdi contre les peuples.
Face à cet état de fait, Aurélien Bernier préconise une seule parade : la désobéissance.

 

“ Arrêter le démantèlement des services publics ”

 

Pas celle des Français, bien impuissants vis-à-vis de Bruxelles, mais celle de l’État lui-même. Arrêter le « démantèlement des services publics », sortir de la monnaie unique européenne, « contaminer » les autres États : voilà la feuille de route qu’Aurélien Bernier dresse pour la France. Au risque de sanctions ? Le polémiste poitevin prend le pari que les libéraux n’oseraient pas exclure la France de l’Union, au risque d’entraîner sa désagrégation.
A défaut de mobiliser les troupes, le M’PEP enjoint à ceux qu’il aura convaincus d’aller crier leur détermination dans les meetings de gauche.

 

« Désobéissons à l’Union européenne », Aurélien Bernier, éditions Mille et Une Nuits, 170 pages, 4 €.

 

Vincent Buche

23 mars 2011 

 

Aurélien Bernier.

Aurélien Bernier
 


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posté le mercredi 02 mars 2011

Sortie du livre "Désobéissons à l'Union européenne !"


 

Délocalisations, destruction méthodique des droits sociaux, incapacité à protéger l'environnement, refus de la démocratie... Après l'adoption du traité de Lisbonne en 2008, on pouvait croire que l'Union européenne avait atteint le fond du trou libéral. Erreur ! Depuis la crise financière, elle creuse ! Même l'idéal de solidarité entre États vole aujourd'hui en éclat. Une vague d'austérité sans précédent déferle sur l'Europe, qui place elle-même ses peuples sous la tutelle des marchés financiers.
Faut-il attendre que l'extrême droite tire les bénéfices de l’incompétence des « élites » européistes, converties à l’ultralibéralisme ? Certainement pas. La gauche doit assumer la désobéissance à l'ordre juridique instauré avec l’Union européenne : non pas seulement lorsqu'il s'agit de faucher des OGM ou d’accueillir des sans-papiers, mais aussi et d’abord lorsqu’il est question de sortir concrètement de l’ultralibéralisme à l’européenne.
La quasi-totalité des mesures proposées par la "vraie" gauche sont incompatibles avec le droit européen. Mais personne n’ose le dire ! Il ne sert à rien de s’indigner des menaces sur les services publics et le programme du Conseil national de la Résistance si nous ne brisons pas cette omertà et ne restaurons pas la primauté du droit national sur le droit communautaire. Sans désobéissance européenne, pas de politiques écologique et sociale.
Le choix est donc simple : soit il faut dissoudre une fois pour toute la gauche dans l’Europe, soit il faut assumer la rupture. Cette rupture a un nom : la désobéissance européenne !
Le livre d’Aurélien Bernier pose le débat interdit, en montrant qu'il ne nous conduira pas à l'apocalypse, mais à une véritable révolution progressiste par les urnes.



En librairie le 9 mars 2011

 


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1. alexandre clement  le 05-04-2011 à 06:03:40  (site)

Je viens de finir de lire ton ouvrage. Très bien, je vais en faire la réclame ! Juste un point de désaccord, je crois qu'il est plus simple de sortir de l'Europe que de désobéir. Il y a un point intéressant qui n'est pas soulevé mais qui irait dans ton sens : la Commission invente des règles qui ne sont pas tenues, par exemple les règles de politique économique n'ont jamais été appliquées et se sont révélées inapplicables. Or elle n'a jamais sanctionné les pays qui sortaient des clous malgré ses rodomontades.

2. saidi  le 21-10-2015 à 22:30:24

Bonjour Vincent Buche

je suis intéresse votre livre j'aimerai acheter le livre "désobéissons à l'union européenne"

merci

 
 
 
 

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