Pour une écologie sociale et solidaire

Blog d'Aurélien BERNIER

posté le lundi 15 septembre 2008

Marianne 2

 
Dans Le climat otage de la finance, Aurélien Bernier dénonce la manière dont le néolibéralisme détourne à son profit la crise environnementale.

Face à la menace d'un profond changement climatique, peut-être serait-il temps de remettre en cause la société productiviste, destructrice pour notre environnement ? Sûrement pas ! Les hommes politiques, mais plus encore les pouvoirs économiques, ont choisi de tirer avantage de cette crise. « La rapidité avec laquelle le néolibéralisme récupère, à son profit, les préoccupations environnementales est assez déconcertante. » C'est le constat tragique d'Aurélien Bernier, chargé de mission dans l'environnement, secrétaire national du Mouvement politique d'éducation populaire (MPEP) et président de l'association Inf'OGM. Son ouvrage « Le Climat otage de la finance », paru aux éditions Mille et une nuits, montre comment la « finance carbone » s'est imposée comme la solution du marché, sans aucun débat démocratique, dans l'ombre des négociations internationales sur l'environnement. Et ce dès l'élaboration du fameux Protocole de Kyoto en 1997. Les réponses apportées alors par la communauté internationale s'inscrivent dans une logique néolibérale assumée, à faire frémir le citoyen lambda. Sa déclinaison la plus caricaturale se résume à l'organisation, par la finance internationale, d'un marché des « droits à polluer ». Pourtant, dirigeants politiques et économiques nous affirment dans les médias, la main sur le cœur, vouloir diminuer les émissions de CO2.

Boursicotage des « droits à polluer »
Ce livre, effrayant, décrit ainsi la capacité de nuisance sans limites du néolibéralisme. L'exemple le plus emblématique livré par l'auteur ? L'apparition d'un nouveau créneau spéculatif, celui des gaz à effet de serre, rappelle étrangement le fonctionnement des marchés financiers et le gonflement de la bulle Internet à la fin des années 1990. Le boursicotage des « droits à polluer », solution taillée sur mesure pour les industriels et les investisseurs, semble avoir encore de beaux jours devant lui. En témoigne cette réflexion d'Aurélien Bernier : « Les tenants du libéralisme ânonnent leur dogme comme n'importe quels religieux intégristes et marchandisent à tour de bras. Reste à savoir jusqu'où ils sont prêts à aller. Pour l'heure, il semble bien qu'ils ne se donnent aucune limite. »

Critique radicale de la libre concurrence
« La lutte contre le réchauffement climatique ne peut faire abstraction des rapports de force au niveau international, ni faire l'économie d'une critique radicale de la libre concurrence », insiste Aurélien Bernier. Mais aujourd'hui, le grand public ignore les mesures qui concernent notamment l'industrie, pourtant déterminantes dans la lutte contre le changement climatique. « Longtemps, l'économie s'est souciée comme d'une guigne de l'environnement », déplore l'auteur. Dernière recommandation d'Aurélien Bernier ? Ne pas laisser le débat sur le réchauffement climatique entre les mains de quelques requins financiers : « Nous, citoyens, pouvons débattre de l'effet de serre, de ses conséquences, des comportements individuels… »

Le Climat otage de la finance, éditions Mille et une nuits, 200 pages, 12 euros

Samedi 13 Septembre 2008 - 08:58
Stéphane Miet
 


Commentaires

 

1. atelierdepucca  le 12-10-2008 à 15:14:17  (site)

Bonjour je viens te souhaiter une



à bientot

Pucca

 
 
 
posté le mercredi 10 septembre 2008

Quand le changement climatique se joue en Bourse

La conférence internationale d’Accra (Ghana) sur le changement climatique s’est achevée le 27 août dernier. Le constat, à l’heure de sa clôture, était le même que pour les rencontres précédentes : quelques avancées timides, mais aucun accord global de réduction des gaz à effet de serre en vue. Et malheureusement, cette conclusion pourra sans doute resservir pour la prochaine rencontre, qui se déroulera à Poznan (Pologne) du 1er au 12 décembre. Car, face à cette menace écologique gravissime, la communauté internationale est littéralement prise au piège des choix politiques qu’elle effectue depuis près de trente ans.

L’histoire de la prétendue lutte contre le changement climatique est en fait l’histoire d’un hold-up...

 

Dans les années 90, l’opinion publique découvre ce phénomène et, si l’on se réfère au constat des spécialistes, ses origines humaines : la production, les déplacements, les consommations d’énergie rejettent des gaz à effet de serre qui perturberaient le climat.

 

Il faut donc agir pour réduire ces émissions. Mais sans réglementer, bien sûr, puisque l’on vit une époque libérale où la réglementation, la contrainte, l’action politique même, sont des reliques des temps anciens...

 

Alors, de géniaux économistes préconisent un solution « optimale », avec le marché des droits à polluer. Il faut donner des droits à émettre des polluants (en l’occurrence, le dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre émis par l’homme), établir des titres de propriété, et permettre aux acteurs de vendre et d’acheter ces titres sur un marché. Dès lors, on donne un « prix » à la pollution, prix qui sera le fruit de l’équilibre entre l’offre et la demande.

 

Les décideurs, largement acquis aux intérêts des multinationales, retiendront cet outil lors des négociations du protocole de Kyoto. Les grandes entreprises pousseront un « ouf » de soulagement. Pas de normes, quasiment pas d’obligation contraignante, rien de brutal... Rien qui n’entrave la concurrence économique acharnée, fort heureusement.

 

Mais, avec la Bourse du carbone, se met en place ce qui est le corollaire de tout marché prometteur, « libre » et dérégulé : la spéculation. Certains achètent la tonne de carbone le moins cher possible et la vendent au meilleur prix, réalisant des bénéfices juteux, à l’image du géant de la chimie Rhodia. Juteux, mais « verts », ce qui est semble-t-il l’essentiel...

 

Des fonds se créent spécialement pour boursicoter sur les gaz à effet de serre. Des fonds en pleine expansion, où l’argent provient de groupes privés, mais aussi de gouvernements. Des fonds dont l’objectif ultime est identique à celui des autres fonds : réaliser des profits. « Valoriser », comme on le dit pudiquement... Ainsi, la Banque mondiale, premier gestionnaire de fonds carbone, investit très majoritairement en Chine, là où le rendement financier est - de loin - le meilleur.

 

C’est également l’histoire d’une course au rachat par des grands groupes (Areva, EDF, Vivendi...) de producteurs d’équipements pour les énergies renouvelables, afin de maîtriser le secteur hautement stratégique des énergies « vertes ». Et d’en tirer tous les bénéfices financiers possibles.

 

C’est l’histoire, après la poudre aux yeux du développement durable, de l’émergence de l’écolo-libéralisme. Une réponse ultra-libérale à la crise écologique, qui prône la « croissance verte » et qui marchandise encore un peu plus la société, jusqu’à la caricature. Un modèle conçu sans le moindre débat démocratique, en violant ouvertement des textes internationaux sur le droit des citoyens.

 

Enfin, c’est l’histoire d’un échec cuisant, que tout le monde s’emploie à cacher sous le tapis. Car depuis la finalisation du protocole de Kyoto en 1997, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté de 35 %... et la tonne de carbone valait, en décembre 2007, deux centimes d’euros au comptant sur le marché !

 

Il y a quelques années, lors d’un sommet dédié au développement durable, un célèbre chef d’Etat déclarait « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Il faut aujourd’hui convenir que l’incendie a redoublé, et que nos dirigeants ont fait le choix de rémunérer les pyromanes.

 

Voici ce que raconte le livre Le Climat otage de la finance. Et bien d’autres choses encore, qui lui donnent parfois des allures de polar économico-écologique. Mais l’essentiel est simple à résumer : non content d’avoir produit un désastre social, le néo-libéralisme produit un désastre environnemental. Et mieux vaut ne pas compter sur lui pour réparer les dégâts...

 


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posté le mardi 09 septembre 2008

L'Humanité

Un article de Vincent Defait dans l'Humanité du 7 septembre

http://www.humanite.fr/2008-09-06_Tribune-libre_Parutions

 

 

 

 

tribune libre

Parutions

LE CLIMAT, ÇA RAPPORTE

LE CLIMAT OTAGE DE LA FINANCE, D’AURÉLIEN BERNIER, ÉDITIONS MILLE ET UNE NUITS, 200 PAGES, 12 EUROS.

 

Le sous-titre est explicite : « Ou comment le marché boursicote avec les “droits à polluer” ». L’auteur, fin connaisseur des arcanes de l’économie « verte » et militant progressiste, livre une analyse rondement menée et accessible aux profanes. Il démontre comment le recours au marché s’est imposé pour résoudre le défi du changement climatique. Et comment ce même marché fait preuve d’une efficacité toute discutable en la matière. On est ainsi estomaqué de lire la façon dont le géant français de la chimie Rhodia s’est extirpé d’une impasse économico-judiciaire  : en générant 77 millions de crédits de tonnes équivalent-CO2 valorisables à hauteur de 200 millions d’euros par an grâce aux mécanismes du protocole de Kyoto ! Aurélien Bernier conclut en listant des « solutions dont les libéraux ne veulent pas ». Et tranche : « Ce post-néolibéralisme fondé sur la solidarité reste à construire. »

 

V. D.

 

 


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posté le dimanche 07 septembre 2008

Intervention à l'université d'été 2008 du PCF

Voici la vidéo de mon intervention du 30 août 2008 à l'université d'été du Parti Communiste Français, au cours de l'atelier intitulé "Nouveaux modes de développement". 
 
 
 
 
 


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posté le mardi 19 août 2008

Sortie du livre "Le climat, otage de la finance"

 

 


 


 

 

 

Pour la première fois dans son histoire, le système économique est confronté à une crise environnementale qui, par son ampleur, pourrait menacer sa survie. Le changement climatique, présent dans presque tous les médias, est maintenant à l’ordre du jour de la plupart des rencontres internationales, des Nations unies au G8 en passant par les sommets européens.

Mais l’alerte lancée par les scientifiques ne suffit pas à transformer les financiers en écologistes. Dès l’élaboration du Protocole de Kyoto en 1997, les réponses apportées par la communauté internationale se sont inscrites dans une logique néolibérale assumée, dans sa déclinaison la plus caricaturale : en organisant un marché des « droits à polluer ».

Ce livre montre comment la solution du marché s’est imposée sans aucun débat démocratique, dans l’ombre des négociations internationales. Il en décrit les conséquences, et notamment l’apparition d’un nouveau créneau spéculatif (celui des gaz à effet de serre) qui rappelle à la fois le fonctionnement des marchés financiers et le gonflement de la bulle « Internet » à la fin des années 1990. À ceci près qu’il pourrait cette fois s’imposer à tous les niveaux de la société.

Aujourd’hui, le grand public ignore que les mesures qui concernent notamment l’industrie, et qui doivent être déterminantes dans la lutte contre le changement climatique donnent lieu à un détournement de leur objectif : les « droits à polluer » font l’objet d’une spéculation organisée, ils entrent dans la valorisation des sociétés… Une certaine éthique, que d’aucuns espéraient voir s’installer dans les entreprises, semble donc utopique, et la rupture avec le tout-capitalisme encore repoussée.

Aurélien Bernier décrit pour la première fois les coulisses d’un secteur émergent, pourtant promis à un avenir radieux, de ses mécanismes jusqu’aux krachs certains : spéculatif et écologique.

Comment venir à bout de la financiarisation totale ?

Avec un peu de courage politique, des choix radicalement différents auraient pu être faits, qui passent nécessairement par la refonte complète des règles du commerce international. Il n’est pas encore trop tard : ils doivent maintenant devenir une revendication prioritaire des citoyens.


Membre d’Attac France jusqu’en 2007, président de l’association Inf’OGM, secrétaire national du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), Aurélien Bernier est chargé de mission dans l’environnement. Il a travaillé pendant dix ans pour l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).


Le Climat otage de la finance


Date de Parution : 20/08/2008

Collection : Essais

Prix public TTC : 12,00 €

Code ISBN / EAN : 9782755500578 / hachette : 4934071

Format (125 x 192)

Nombre de pages : 200

 

 


Commentaires

 

1. hans  le 24-08-2008 à 10:53:02  (site)

Je me suis permis de citer votre ouvrage en fin d'article que vous trouverez ici:
http://jeboycotte.org/index.php?/archives/32-Conference-sur-le-climat-a-Accra,-lurgence-sinvite-dans-les-debats.html#extended
cordialement votre

2. annielamarmotte  le 04-09-2008 à 15:56:48

félicitations pour un blog du moment amplement mérité....

3. Thomas Cook  le 23-09-2008 à 11:19:26

J'ai lu ton livre en deux jours. Il pose des questions qui ont le mérite d'être posées, mais il répond de manière biaisée sans justifications économiques. Et pour cause, Coase et Pigou sont bien présentés, mais trop superfiellement. A quelle prix l'Etat doit-il fixer la taxe pigouvienne ? Pigou nous répond au coût marginal de dépollution... Mais l'Etat n'a pas accès à cette information précieusement gardée par les entreprises (s'il la connaisse). Et dans ce livre quelle prix sert de référence : 30 €, un prix issu du marché européen ! Etonnant ! Il devient pratique tout d'un coup ce marché !
Et quand on créer une taxe, connait-on exactemment son effet sur les émissions ? Non.
Le marché, avec mise aux enchères des quotas, a l'avantage de fixer les émissions, et de mettre à jour le prix réel pour obtenir les réductions nécessaires.
Par ailleurs, tu n'abordes que la chute du prix spot à la fin de la première période de l'EU ETS, pourquoi le spot tombe à 0 et le future reste à 15/20 € ? Parce que c'est normal, le prix spot devait tomber à 0 car ces quotas ne valaient plus rien après le 31 déc 2007 (c'était soit 0, soit l'infini, c'est ce qui s'appelle un marché en coin, logique pour une période d'éssai, dont le but principal était de révéler les véritables émissions des installations). Ouvrons le débat, mais soyons honnêtes !

4. abernier  le 23-09-2008 à 12:24:04  (site)

Bonjour,

De quelle justification économique parlez-vous? De celle, élaborée au XVIIIème siècle par Smith et Ricardo - car malheureusement nous en sommes toujours là! - et dont l'objectif est de s'affranchir de toute contrainte politique? Une théorie qui s'appuie sur un marché parfait, qui n'a jamais existé et n'existera jamais.
Invoquer cette fameuse théorie économique pour prétendre organiser la société est une véritable escroquerie intellectuelle.

Pour répondre plus précisément à deux points de votre message, le marché dérégulé ne fixera jamais le "vrai" prix, puisque la spéculation fausse par définition la donne. Je vous renvoie à mon texte sur la crise pétrolière, qui le montre bien.

D'autre part, le prix du quota SPOT ne devait absolument pas chuter à zéro, au contraire. Puisque les entreprises devaient se trouver en conformité à la cloture de la période, le prix aurait à l'inverse du augmenter si les quotas avaient été rares. Le prix SPOT montre que la contrainte a été quasi inexistante. Si les prix "futures" se maintenaient entre 15 et 25 euros, c'est uniquement que les acteurs parient sur un resserrement à terme de la contrainte. Mais qui restera de toute manière très insuffisant, comme le montre le livre.

Bien cordialement,

Aurélien Bernier

5. Thomas Cook  le 24-09-2008 à 12:22:49

Bonjour,

Merci pour cette réponse. Tout d'abord, il ne faut pas faire d'analogies entre un ETS et n'importe quel marché ! Coase n'a jamais considéré sa démonstration comme un théorème, elle fut récupérée par les néolibéraux. Pour la simple raison que dans un ETS, c'est le régulateur qui fixe l'offre (les allocations), et c'est rareté de cette offre qui va faire le prix. La vrai question est de savoir donc quelle offre va être fixée par l'UE (la contrainte sera-t-elle assez sévère) au même titre que de savoir quel montant de taxe sera choisi. Dans les deux mécanismes, le régulateur a le rôle central.
Une taxe fixé à l'échelle nationale relève de l'utopie tant les gouvernements français sont sensibles au lobbying industriel. Je pense que la commission européenne, certes imparfaite, est l'institution qui resiste aujourd'hui le mieux aux lobbying. Stratégiquement, je pense qu'on a plus de chance de protéger l'environnement en soutenant une mesure qui verra le jour et pourra être améliorée au fur et à mesure (en augmentant la contrainte, comme c'est prévu dans la phase 3), qu'en soutenant une mesure qui restera à jamais dans les cartons (depuis le début des 90's)... Je suppose que c'est ce qui fait de moi un réformateur, et de vous un altermondialiste.
La spéculation est un risque à prendre en compte en effet, mais aucune spéculation n'a été constaté aujourd'hui sur l'EU ETS. Au contraire le prix actuel est sous évalué et ne reflète pas le prix nécessaire pour atteindre les objectifs de réductions. Tout le monde sait donc qu'il devrait augmenter d'ici 2012, parfait pour un spéculateur... Pourtant pas de spéculation. Encore une fois, l'analogie avec le marché du pétrole est injustifiée.
Enfin, pour la fin de la phase 1, je pense que vous n'avez pas bien compris les options envisageables. Les entreprises arrivent au 31 décembre 2007 et là, deux et seulement deux possibilités :
- la demande est inférieure à l'offre (ce qui s'est passé), donc les vendeurs savent qu'ils doivent vite vendre avant qu'il n'y ait plus d'acheteurs, le prix s'écroule et tend vers 0.
- la demande est supérieure à l'offre, donc les acheteurs ont l'obligation d'acheter, or il n'y a pas assez d'allocations à vendre sur le marché, donc le prix explose et tend vers l'infini. Imaginons ce qu'aurait donné un prix qui atteint 1000 €, 10000 € l'EUA ? La Commission Européenne aurait fermé le marché et celui-ci aurait été abandonné.
Donc quand on est un régulateur, et que l'on fait une période d'essai, à votre avis, faut-il mieux que la demande soit supérieure à l'offre, ou l'inverse ?
Ce qui dommage dans la phase 1, c'est que le spot ai décroché si vite, et en effet les PNAQ avaient été trop généreux dans beaucoup de pays, dont la France (mais pas tous). L'économie de l'environnement est une discipline expérimentale et passionante. Je souhaite qu'elle ne soit pas déformée ni par les thèse néo-libérales, ni par les thèses anti-néo-libérales (je sais pas s'il existe une thèse altermondialiste ?).

Bien Cordialement,

Thomas Cook

6. abernier  le 24-09-2008 à 15:05:42  (site)

Bonjour, et merci pour le débat, toujours enrichissant.

Ceci étant, je ne suis pas d'accord avec certains points de votre analyse.

Effectivement, avec l'ETS, les Etats fixent le niveau maximal de droits à polluer. Mais je montre dans le livre que restaurer une réelle contrainte sur les entreprises ne peut se faire qu'en remettant en cause le libre-échange.

Il suffit d'observer ce qui se produit actuellement : les entreprises délocalisables obtiennent tout ce qu'elles veulent sous la pression du chantage, et la "contrainte" repose uniquement sur les producteurs d'électricité, qui peuvent répercuter le coût des quotas (et souvent au delà!) sur une clientèle captive.

Sur la question de la spéculation, elle existe bel et bien. Il y a bien sûr le cas de firmes comme Rhodia, qui jongle entre la vente de ses crédits MDP et de ses EUA, mais surtout, les fonds spéculatifs, qui sont déjà arrivés sur le marché. A ce sujet, je vous renvoie à la récente étude de la Caisse des dépôts en ligne sur son site.

Enfin, sur la première période, vous oubliez l'amende prévue en cas de non-conformité, qui limite forcément le prix maximum des quotas sur le marché. Vous oubliez également que les crédits MDP étaient utilisables dans des volumes assez confortables. Votre deuxième option (un prix très élevé) n'aurait donc jamais pu se produire.

Pour finir, le réformisme est tout à fait respectable, et je souhaiterais même que vous ayez raison. Mais je ne crois plus à cette possibilité depuis longtemps. Il s'agit donc d'enclencher une révolution politique, par les urnes, qui passe à mon sens par une refonte complète de la construction européenne.
Sur la possibilité que l'Union actuelle soit la moins mauvaise des solutions, je vous invite à lire "En finir avec l'eurolibéralisme", dont vous trouverez les coordonnées ici-même.
J'y montre que les politiques environnementales de l'UE ne sont rien à côté de ses politiques de destruction de l'environnement. Et bien sûr, le raisonnement est identique pour le social.

Bien cordialement,

Aurélien BERNIER

7. Thomas Cook  le 25-09-2008 à 15:33:09

Juste pour répondre sur un point : l'amende dans le marché EU ETS ne dégage pas de l'obligation de conformité. Donc les entreprises qui n'auraient pas été en conformité auraient théoriquement du payer l'amende et acheter les quotas. Donc cela ne change rien sur l'évolution du prix du quota en cas de demande supérieure à l'offre.

Bien Cordialement.

Thomas Cook

 
 
 
 

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