Article paru dans l'Humanité Dimanche du 8 janvier 2009

Sommet après sommet, il est de plus en plus évident que la question du changement climatique place la communauté internationale face à ses pires contradictions. Les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine sont responsables de perturbations qui s'annoncent gravissimes. Les scientifiques appellent à une division par deux des rejets mondiaux d'ici 2050 pour éviter la catastrophe, en prenant comme référence la situation de 1990. En 1997, lors de la finalisation du protocole de Kyoto, les pays riches – sans les Etats-unis – s'accordaient pour réduire leurs émissions de 5,2% avant fin 2012. Cet objectif qui peut paraître timide est en fait une escroquerie, puisqu'il était presque atteint dès 1997 suite à l'effondrement des économies d'Europe de l'est.
Mais depuis, les choses ne font qu'empirer. D'une part, les émissions des pays riches continuent de croître. Les Etats auraient tort d'en éprouver des complexes, puisque le dispositif Kyoto ne prévoit pas la moindre sanction. D'autre part, les chiffres explosent dans les pays en développement, qui accueillent à bras ouverts les délocalisations d'usines polluantes. Au final, les émissions mondiales ont grimpé de 35% ces dix dernières années.
Face à cette situation dramatique, la communauté internationale est totalement discréditée. Après trente ans de dérégulations menées sous l'impulsion du GATT puis de l'OMC, le libre-échange est devenu la valeur suprême. Les mesures environnementales sont considérées comme des « obstacles techniques au commerce », et les multinationales peuvent pratiquer le chantage à l'emploi pour échapper à toute contrainte politique.
Ceci explique pourquoi Kyoto est un accord si ridicule, qui a surtout permis de lancer le marché des droits à polluer, futur eldorado de la spéculation pour la finance internationale. Les rencontres de Bali en 2007, puis Poznan en 2008, n'ont permis aucune réelle avancée. Fin 2009, la conférence de Copenhague doit en théorie fixer un cadre pour l'après-2012. Mais rien ne progresse, à part les déclarations qui n'engagent que ceux qui les croient. Ainsi, les Etats-unis de M. Obama promettront bientôt de réduire leurs émissions. Avec la crise financière, il est même probable que les rejets mondiaux baisseront en 2009. Mais il est également certain qu'elles repartiront à la hausse à la première occasion, puisque personne n'aura voulu s'attaquer au coeur du système.
L'espoir se trouve donc ailleurs. Dans la prise de conscience par les citoyens que la mondialisation n'est pas une fatalité, mais une stratégie au service des grandes puissances économiques, qui détruit l'environnement comme elle broie les hommes. A l'heure des voeux pour 2009, il reste à souhaiter que l'écologie devienne enfin politique. Elle doit se fonder sur une critique radicale de la mondialisation, du néolibéralisme, et de sa pierre angulaire, le libre-échange.

Aurélien Bernier est secrétaire national du M’PEP (Mouvement politique d’éducation populaire). Il a écrit Le climat otage de la finance (Mille et et une nuits, 2008).
Aurélien Bernier - 28 décembre 2008

Vous pouvez écouter les interventions au colloque du 6 décembre 2008 intitulé "Vers une écologie sociale et solidaire" sur le site du M'PEP:
http://www.m-pep.org/spip.php?rubrique99
Avec :
- Aurélien Bernier
- Pierre Cornut
- Jacques Nikonoff
- Michèle Dessenne
- François Cosserat
- Hervé Kempf
- Paul Aries

Sur une idée d’Amandine et d’Olivier, l’émission « Les Fans de radis « a vu le jour en avril 2005. D’une durée d’1/2 heure en 2005, l’émission passera à 3/4 heure en 2006? Puis 1 heure en 2008. Elle est rediffusée 3 fois dans le mois. L’émission se fait le relais des initiatives locales en matière de protection de l’environnement.
Sujet de l'émission de décembre 2008 : Le climat, otage de la finance, avec Aurélien BERNIER
1. zacetnono le 14-12-2008 à 14:12:02 (site)
bonjour je te souhaite de passer une bonn ares-midi en ce dimanche
zacetnono

Le climat otage de la finance
Aurélien Bernier
Ed. Mille et une nuits
12 euros
Dix années après la signature du protocole de Kyoto, et alors qu’ont débuté les négociations sur les suites du protocole, pour la période post-2012, il n’est pas inutile de revenir sur les aspects les plus controversés de l’accord international censé régler la crise climatique. C’est ce que s’emploie à faire Aurélien Bernier dans Le climat otage de la finance, petit livre fort instructif, pédagogique, et sans concession sur les mécanismes marchands qui président aux destinées de la planète.
Alors que nul ne remet plus réellement en cause le constat scientifique, dans les coulisses économiques, dans les couloirs des diverses institutions financières, patrons et financiers s’agitent pour valoriser économiquement les échanges de droits d’émissions de gaz à effet de serre. Désormais la finance carbone a les mains libres pour boursicoter avec la ressource de bas e que constitue l’atmosphère.
Après un retour sur les fondements idéologiques de la marchandisation des biens environnementaux A. Bernier décrit minutieusement les différents types d’accord qui permettent aux industriels et au multinationales non seulement de se défausser de leur responsabilités mais aussi de faire fructifier leurs profits grâce à des investissements autorisés par Kyoto : mise en œuvre conjointe, mécanismes de développement propre, prix du CO2, échanges de droits d’émissions … Tout concourt à vider de toute portée ce qui devrait être une politique climatique volontariste à l’échelle internationale.
Outre cette dimension de marchandisation, A. Bernier précise un certain nombre de dangers à venir et qui font partie des outils promus par les classes dirigeantes : le charbon, avec des recherches de procédés permettant à terme de le substituer au pétrole, l’enfouissement du carbone ou encore la création de paradis de pollution dans les pays pauvres, le parallèle étant ici évident avec les paradis fiscaux.
Dans la dernière partie de son ouvrage l’auteur décrit un certain nombre de réformes antilibérales, offrant ainsi une alternative aux systèmes marchands dénoncés dans les chapitres précédents. Ces réformes tournent autour de l’idée de durcissement des réglementations, de taxes des émissions, de réforme des marchés publics mais aussi de développement gratuit des licences pour les technologies d’intérêt environnemental. S’il ne précise pas réellement comment ces mesures doivent s’articuler avec des modifications radicales des modes de transport, de production ou d’aménagement du territoire, il s’agit là de pistes fort stimulantes pour réfléchir à un contrôle public sur l’avenir du climat.
Reste maintenant à faire de ces critiques et propositions des outils lors des mobilisations pour la justice climatique et passer ainsi, comme nous y invite Aurélien Bernier, de la théorie à la pratique.
Vincent Gay
Commentaires
1. Xochipelli le 19-10-2009 à 00:41:03 (site)
Il n' y pas d'alerte climatique: c'est une farce.
Les Caniculs-bénis: une nouvelle hystérie religieuse au service de l'Ordre Mondial?
http://www.liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/generaux/caniculs.html
Carbone, mon Amour
http://www.liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/generaux/carbonemonamour.html
Effet de "serres" et révolution verte eugénique
http://www.liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/generaux/eugenique.html