Démondialiser et coopérer

Blog d'Aurélien BERNIER

posté le lundi 12 janvier 2009

Le Monde Diplomatique

 

La protection de l’environnement ne fait pas bon ménage avec le laisser-faire. Pourtant, au cours des dernières décennies, les théories libérales ont œuvré à récupérer des « notions contraires à leurs intérêts pour mieux les dévoyer ». La protection de la planète a été intégrée à la course à la croissance par des multinationales qui « se précipitent sur les technologies dites propres sans rien changer à leur pratique ».

 

Les négociations internationales sur le climat, comme le protocole de Kyoto, ont adopté des solutions libérales aux problèmes environnementaux : les quotas de CO2, mécanismes de compensation et autres permis négociables sont valorisables sur des marchés dédiés. Autre preuve du laisser-faire : l’absence de sanctions. Et il n’est pas étonnant d’apprendre que, même si le protocole de Kyoto n’a pas été ratifié par les Etats-Unis, ce pays a « façonné et imposé une grande partie du dispositif ». Au bout du compte, « après avoir pollué gratuitement pendant des années, les multinationales vont réussir le tour de force d’engranger des profits sur le dos du réchauffement climatique ».

 

Philippe Bovet.

 

Édition imprimée — décembre 2008 — Page 29 

 

 

 


Commentaires

 

1. TerreMerAir  le 22-02-2009 à 12:29:47

On peut dire aujourd'hui que le slogan des multinationnales est "comment polluer moins pour polluer plus longtemps".
En effet aucunes sanctions dignent de ce noms n'est énoncées à l'encontre de ces "maitres du monde".
Le fric, le pouvoir et donc la corruption gangrène les hautes sphères, des gouvernements au parlement européen.

Comment se sortir de cet étau si le peuple reste avachit dans son superficiel petit confort ?

La solution ne serait elle pas au final des actions plus agressives de la même dimension que les méthodes employées par ces multinationnales ?

 
 
 
posté le lundi 12 janvier 2009

Après le krach boursier, le krach climatique?

 

Sommet après sommet, il est de plus en plus évident que la question du changement climatique place la communauté internationale face à ses pires contradictions. Les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine sont responsables de perturbations qui s'annoncent gravissimes. Les scientifiques appellent à une division par deux des rejets mondiaux d'ici 2050 pour éviter la catastrophe, en prenant comme référence la situation de 1990. En 1997, lors de la finalisation du protocole de Kyoto, les pays riches – sans les Etats-unis – s'accordaient pour réduire leurs émissions de 5,2% avant fin 2012. Cet objectif qui peut paraître timide est en fait une escroquerie, puisqu'il était presque atteint dès 1997 suite à l'effondrement des économies d'Europe de l'est.


Mais depuis, les choses ne font qu'empirer. D'une part, les émissions des pays riches continuent de croître. Les Etats auraient tort d'en éprouver des complexes, puisque le dispositif Kyoto ne prévoit pas la moindre sanction. D'autre part, les chiffres explosent dans les pays en développement, qui accueillent à bras ouverts les délocalisations d'usines polluantes. Au final, les émissions mondiales ont grimpé de 35% ces dix dernières années.


Face à cette situation dramatique, la communauté internationale est totalement discréditée. Après trente ans de dérégulations menées sous l'impulsion du GATT puis de l'OMC, le libre-échange est devenu la valeur suprême. Les mesures environnementales sont considérées comme des « obstacles techniques au commerce », et les multinationales peuvent pratiquer le chantage à l'emploi pour échapper à toute contrainte politique.


Ceci explique pourquoi Kyoto est un accord si ridicule, qui a surtout permis de lancer le marché des droits à polluer, futur eldorado de la spéculation pour la finance internationale. Les rencontres de Bali en 2007, puis Poznan en 2008, n'ont permis aucune réelle avancée. Fin 2009, la conférence de Copenhague doit en théorie fixer un cadre pour l'après-2012. Mais rien ne progresse, à part les déclarations qui n'engagent que ceux qui les croient. Ainsi, les Etats-unis de M. Obama promettront bientôt de réduire leurs émissions. Avec la crise financière, il est même probable que les rejets mondiaux baisseront en 2009. Mais il est également certain qu'elles repartiront à la hausse à la première occasion, puisque personne n'aura voulu s'attaquer au coeur du système.


L'espoir se trouve donc ailleurs. Dans la prise de conscience par les citoyens que la mondialisation n'est pas une fatalité, mais une stratégie au service des grandes puissances économiques, qui détruit l'environnement comme elle broie les hommes. A l'heure des voeux pour 2009, il reste à souhaiter que l'écologie devienne enfin politique. Elle doit se fonder sur une critique radicale de la mondialisation, du néolibéralisme, et de sa pierre angulaire, le libre-échange.

 

Article paru dans l'Humanité Dimanche du 8 janvier 2009

 


Commentaires

 

1. Xochipelli  le 18-10-2009 à 22:41:03  (site)

Il n' y pas d'alerte climatique: c'est une farce.

Les Caniculs-bénis: une nouvelle hystérie religieuse au service de l'Ordre Mondial?

http://www.liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/generaux/caniculs.html

Carbone, mon Amour

http://www.liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/generaux/carbonemonamour.html

Effet de "serres" et révolution verte eugénique

http://www.liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/generaux/eugenique.html

 
 
 
posté le lundi 12 janvier 2009

Interview sur le site Reporterre, par Hervé Kempf : Faut-il sortir de l’Union européenne ?

 


 

Aurélien Bernier est secrétaire national du M’PEP (Mouvement politique d’éducation populaire). Il a écrit Le climat otage de la finance (Mille et et une nuits, 2008). Aurélien Bernier - 28 décembre 2008 http://www.reporterre.net/spip.php?article117

 


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posté le lundi 12 janvier 2009

Enregistrements du colloque M'PEP "Vers une écologie sociale et solidaire"

 


 

Vous pouvez écouter les interventions au colloque du 6 décembre 2008 intitulé "Vers une écologie sociale et solidaire" sur le site du M'PEP: http://www.m-pep.org/spip.php?rubrique99. Avec : Aurélien Bernier, Pierre Cornut, Jacques Nikonoff, Michèle Dessenne, François Cosserat, Hervé Kempf, Paul Aries.

 

 

 

 


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posté le dimanche 14 décembre 2008

Emission "Les fans de radis", décembre 2008

 

Sujet de l'émission de décembre 2008 : Le climat, otage de la finance, avec Aurélien BERNIER.

http://www.radiogatine.com/index.php?option=com_content&view=article&id=62:fans-de-radis&catid=45:Ecologie&Itemid=57

 

 


Commentaires

 

1. zacetnono  le 14-12-2008 à 13:12:02  (site)

bonjour je te souhaite de passer une bonn ares-midi en ce dimanche

zacetnono

 
 
 
 

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